Souvenirs inondés,

 

 

 

 

Souvenirs inondés,  dans Mes envies de dire, moldy_books-300x225 

 

Souvenirs inondés… 

 

Mon enfant, te rappelles-tu de ce cheval à bascule ?
Il a subi les forces du courant, affaibli de son vieux bois.
Il s’est démembré, là, sous les décombres. Me trouves-tu ridicule
De pleurer sur un souvenir qui me reliait à toi ?

 Je ne pourrais plus te montrer l’album de ton enfance,
Car toutes les photos dérivent sur  un quelconque courant,
Quelque part, je ne sais où, ici et là, en errance,
Incapables de  se réfugier sur un éventuel  estran.

 Cette eau en  a effacé les rires et la brillance de leurs couleurs ;
Elle  a noyé tout ce qui fut souvenir, tout ce qui fut joie.
Ce ne sont pas mes sourires qui veilleront sur elles, ni mes pleurs,
Quand la vieillesse réveillera mes « jadis » et les   »autrefois ».

 Et ces livres dans lesquels tes rêves essayaient de devenir réels !
Tes enfants n’en tourneront  plus les pages.
Je sais, tu leur en achèteras d’autres, ou même des virtuels,
Mais leur toucher en aura perdu l’hérédité de tout message.

 Les murs de la maison ont retenu les meubles,
Mais pourront-ils encore nous épargner d’autres frondes ?
Ils porteront toujours sur eux les traces ignobles
De cette boue gluante et de son odeur nauséabonde.

 Il faudra attendre que le temps guérisse ces demeures profanées,
Les tapisse d’autres lumières, plus modernes peut-être !
Mais je ne verrais plus la toise de tes années,
Celle qui t’émerveillait à chacun de tes centimètres.

 Et, dans le jardin, le parfum des roses de tes aïeux
Ne volera plus sous cette tonnelle encerclée de ses lierres.
La terre ravinée a suivi les courants furieux.
On en fera un autre, oui, mais sans les racines d’hier !

 L’eau nous a volé nos souvenirs et les a engloutis.
Elle a même noyé les fondations de nos vies.
Mais comment revivre dans ces débris
Quand la peur domine  nos pensées asservies ?

 

 Fin

Poème écrit le 19.05.2013

 

 

 




De la douceur à la furie,

 

De la douceur à la furie,  dans Mes envies de dire, 238221-calme-riviere-foret-300x200 

 De la douceur à la furie,  

 

 Qu’il est agréable de paresser le long d’une rivière,
Sous les branches  d’un  saule pleureur,
Accompagné d’une musique familière,
Celle d’une eau, bordée de roseaux cajoleurs.

 Qu’il est déstressant,  sur ses berges, de se prélasser,
De lancer des cailloux pour suivre  leurs rebonds
Ou de manœuvrer quelques rames délaissées,
Pour  distraire  de vieilles barques de leur abandon.

 Tout est calme, serein, même les pluies du printemps !
Pourtant, elles se faufilent sournoisement,
Pour se réfugier dans les entrailles du temps,
En empruntant les failles du sol,  comme cheminement.

 Sur la route du vent, qui les entraîne inlassablement,
Les nuages forment de longues et sombres chaînes ;
Le soleil n’arrive même plus à discipliner  leurs égrènements,
Et ils parsèment,  continuellement, leurs humides traînes ;

 Sur cette terre si fragile, et peut-être aussi,  malmenée,
Des gouttes de pluie perdent soudain l’éclat de leur insouciance.
Comme des prisonnières, elles suivent leurs destinées,
Ignorant tout des caprices de la nature et de sa conscience.

 Entraînée par le courant, l’eau vient narguer  nos regards,
Briser les fondations de nos vies,  sans remords,
Comme si elle voulait reprendre un précieux territoire
Ancré dans sa mémoire, afin que nous reconnaissions nos torts.

 En une seconde, elle est là, cette  traîtresse inondation.
L’eau coule sur nos vies, nos espoirs, nos souvenirs ;
Elle gifle nos esprits aussi fortement qu’une lapidation,
En noyant tout, sans exception, sans même nous prévenir…

 Nos foyers s’engluent dans une boue geôlière.
Nos  regards,  surpris et étonnés, se voilent de détresse.
Il nous faut nous sauver devant cette guerrière,
Rien ne servira de combattre cette diablesse.

 Elle  nous laisse toujours  comme vestige son empreinte,
Et assombrit  les visions de notre avenir proche.
Nous restons devant ce trait marqué d’une noire teinte
A espérer ne plus avoir à y superposer d’autres encoches.

 

Fin, poème écrit le 11 mai 2013,

En souvenir des  inondations  Buchères  9.05.2013

De l’agglomération troyenne, du département de l’Aube

 

 

 

 

 

 



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