Juliette Gréco chante Brel,

 

Juliette Gréco :  » C’était le moment de dire à Brel que je l’aimais » 

L’interprète publie, le 28 octobre, un album consacré à son ami Jacques Brel (1929-1978), douze titres drôlement arrangés par le pianiste Bruno Fontaine avec Gérard Jouannest, qui fut l’accompagnateur et le compositeur de Brel avant d’épouser la chanteuse.

Avec des cordes, pompeuses (Ne me quitte pas) ou dépouillées (La Chanson des vieux amants, avec le seul violoncelle de Sonia Wieder-Atherton) oscillant entre excroissance sonore (Amsterdam) et orchestre dompté (Ces gens-là), Gréco change la perspective.

Jamais lasse, elle tente une appropriation décalée du poète belge.

J’ai pris un plaisir étrange à  lire Brel. J’ai conclu que ma force était d’être  une femme. Il est très féminin parfois, dans la cruauté. Femme, je pouvais en faire mon affaire,  dire  ce qu’il n’avait pas dit, pas laissé entendre.  Là nous sommes deux, il y a lui et moi, cela donne forcément un résultat bizarre, inattendu.

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 Amsterdam, trop masculin. Ces gens-là, à cause du « Et moi j’aime Frida », on aurait jasé….  Eh, bien oui, moi j’aime Frida, je le ressens profondément. Ne me quitte pas m’énervait… Je ne supporte pas la faiblesse des gens que j’aime. Et quand elle se traîne comme un chiffon, imbibée de larmes, ça m’agace. J’ai senti une révolte totale, et je l’ai prise à l’envers, je la chante avec une rage canine.

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Rencontre avec Brel

En 1954, j’étais au balcon du Gaumont-Palace à Paris, et j’ai vu  arriver  ce machin dégingandé, avec un côté Don Quichotte déjà, de grands bras, de longues pattes, une figure longue aussi. Il jouait trois chansons à l’entracte, personne ne l’écoutait.

Je suis tombée en arrêt comme un chien de chasse.  Canetti m’a dit : « Ah ! Bon, ça vous intéresse ? Il s’appelle Brel, il est belge. On essaie, on va voir… » On a vu. J’ai pris de suite Le Diable (ça va). Une chanson prémonitoire : « Les hommes, les femmes ont tant vu que leurs yeux sont devenus gris. » Et aujourd’hui, je vois ces émigrés qui viennent en Europe,  comme au paradis, échouent dans des camps, se noient. Le diable, ça va. 

En 1954, Brel était inconnu, il n’avait pas les moyens de  défendre  Le Diable (ça va), moi si. . Je lui ai dit : « Tout le reste, c’est vous qui le chanterez. » Il n’a jamais oublié. On s’est aimé d’amour debout, de ce jour-là jusqu’à sa mort.

 

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Il m’a écrit des chansons, ce qu’il ne faisait que très rarement. Je suis bien, par exemple. Il avait commencé Vieille pour Bardot, qui n’en a pas voulu. Je me suis jetée dessus comme la vérole sur le bas clergé. Et j’ai chanté cela avec une délectation que je comprends aujourd’hui encore mieux. « C’est pour cela jeune gens que s’éveille le désir charmant de  devenir  vieille », pour être   aimée pas seulement pour mes fesses.

« J’arrive » , Brel ne l’a jamais chantée sur scène. C’est moi qui l’ai créée. Le jour où il est mort –– puisque paraît-il, il est mort ––, j’ai demandé à Jouannest si l’on était capables de jouer J’arrive. Il a dit oui. J’avais son blanc-seing. Cela n’a pas été facile, ni pour lui ni pour moi. Mais si on abdique au prétexte que l’autre est parti en  voyage,  il n’y a plus de raison de chanter  . L’oubli, c’est la mort la plus certaine.



Le blues,

 

 

Le blues est un genre musical vocal et instrumental, dérivé des  chants de travail des populations afro-américaines  apparues au Mexique et aux États-Unis courant  XIX   siècle  ainsi que des immigrés anglais, irlandais, écossais, espagnols, français, polonais et d’indiens Cherokee, gens de pauvres conditions qui exprimaient eux aussi leurs peines dans un genre de musique comparable.

C’est un genre où le chanteur exprime sa tristesse et ses déboires (d’où l’expression « avoir le blues »). Le blues a eu une influence majeure sur la musique populaire américaine, puisqu’il est à la source du jazz,  du  rhythm and blues, du rock’n'roll entre autres.

Le terme blues vient de l’abréviation de l’expression anglaise blue devils (« diables bleus »), qui signifie « idées noires ».

Les plus anciennes formes de blues proviennent du Sud des  Etats-Unis , à la fin du  XIX siècle  et au début du XX siècle.  Ces formes étaient le plus souvent orales, accompagnées parfois par un rythme donné par des instruments rudimentaires. C’est principalement dans les champs de coton  de la région du delta du Mississippi  que ces formes prennent des tours plus complexes. L’une des formes antérieures au blues est le Fife and Drums joué dans la région Hill Country du Mississippi. 

Du point de vue des textes, les premiers blues consistaient souvent à répéter un même vers quatre fois. Dans cette structure, un vers est chanté sur les quatre premières mesures (« A »), puis répété sur les quatre suivantes (« A »), enfin, un second vers est chanté sur les quatre dernières mesures (« B »), comme dans l’exemple suivant : « Woke up this morning with the Blues down in my soul / Woke up this morning with the Blues down in my soul / My baby gone and left me, got a heart as black as coal ».

Vers la fin des  années 1940  et pendant les années 1950 , les Noirs américains ont migré vers les villes industrialisées du Nord comme  Chicago et Détroit, pour y trouver du travail. Dans les villes comme Chicago, Détroit et Kansas City, un nouveau style de blues « électrique » apparut. Il utilisait la voix, la guitare électrique, la basse électrique, la batterie et l’harmonica amplifié avec un micro et un ampli. 

Le style de blues urbain de Chicago fut bien influencé par le blues du Mississippi, d’où sont venus des musiciens comme Howlin’ Wolf, Muddy Waters, Willie Dixon, et Jimmy Reed.

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 Lors des  années 1960 , les genres de musique influencés ou créés par les noirs américains, comme le rhythm and Blues et la musique soul   sont devenus populaires.

 Le Rock’n'roll a souvent été qualifié de mélange des musiques Noires et Blanches bien que ce mélange remonte aux années 1930 avec certains genres de la Country Music comme le Western Swing ou le Country boogie dont le Rock’n'roll n’apparaît souvent que comme un prolongement.

Le style de blues « Texas rock-Blues » a été créé dans les années 1980, et utilise les guitares solo et d’accompagnement en même temps. Le style Texas a été fortement influencé par le Blues-rock d’Angleterre (comme John Mayall).

 

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Le blues est d’abord l’élément principal du « mariage » avec la musique country  qui a donné naissance au  rock’n'roll , aux Etats-Unis,  au milieu des années 1950.

Ensuite, on retrouve facilement des racines blues dans nombre de groupe britanniques de rock et de hard rock  : les débuts des  Rolling Stones de Uriah Heep,  ou la chanson Smoke On The Water de  Depp Purple , doivent beaucoup au blues.

 

 



Le Flamenco,

 

 

Le Flamenco, héritage du peuple gitan et andalou, issu de diverses cultures, est une expression de tous les sentiments humains: la souffrance, la joie, la mélancolie, l’amour, la tristesse…..
Très codifié, il offre pourtant un large choix d’expression par ses différents rythmes, ses différents chants, les frappes de mains appelées « palmas », les frappes de pieds appelés « zapateados » et claquements de castagnettes.  Sans oublier « el toque » de la guitare flamenca et les percussions du cajon.

Le flamenco est fortement associé aux Gitans (désignant ici les Tsiganes installés en Espagne). Les Gitans en ont fait leur blason et l’expression de l’essence de leur vie, de leur âme.
Il est un film qui illustre magnifiquement la continuité de musiques, de chants et de danses tsiganes de l’Inde – pays d’où ce peuple est originaire – à l’Espagne en passant par l’Afrique et l’Europe de l’Est, c’est « Latcho Drom » (de Tony Gatlif). En musique, il y a la bande originale de ce film, ainsi que « Epopée tsigane – The road of the Gypsies » qui est une belle compilation. Sur cette dernière, le morceau « Nana del Caballo Grande » interprété par Camaron de la Isla, cantaor (chanteur flamenco) majeur, est exemplaire car le lien entre l’Inde et l’Espagne est recréé avec une belle évidence.

C’est vers le milieu du XV e siècle qu’arrivent les Tsiganes dans la péninsule ibérique après un long périple à travers l’Iran, la Turquie et la Grèce entre autres.

L’origine du terme « flamenco » a fait, et fait toujours, l’objet de spéculation. Ce terme a désigné les Gitans avant de désigner un art musical. Une hypothèse intéressante, non par son sérieux mais par ce qu’elle approche de la symbolique, est celle qui fait dériver « flamenco » de « flamante » (flambant), évoquant tant le style flamboyant de la musique et de la danse que l’argot dans lequel les Gitans étaient assimilés à des frimeurs (flamancia: présomption).

La musique flamenco fait ses premières apparitions au début du XIX e siècle au sein de certaines familles tsiganes bien implantées en Basse Andalousie. Il s’agit de la fusion entre un répertoire de musiques autochtones et certaines traditions orientales jalousement conservées pour l’usage intime. C’est entre 1860 et 1910 que le chant flamenco sort de l’intimité des familles gitanes pour atteindre un public relativement vaste à travers les cafés de cante (cante: chant), ancêtres des actuels tablaos, qui fleurissent même en dehors de l’Andalousie, à Madrid et à Barcelone. A cette époque, on constate également un enrichissement du répertoire flamenco par des chants d’origine folklorique issus de la famille des fandangos andalous.

Entre 1910 et 1936, le flamenco est théâtralisé, son répertoire évolue en intégrant des chansons latino-américaines et des chansonnettes populaires; le flamenco pur et dur se dilue et, dans les années 30, le premier concours de « cante jondo » (chant profond) est créé à Grenade en réaction à cette tendance.

Tendance qui se poursuit durant la période franquiste pendant laquelle les grands cantaores suivent le mouvement pour survivre (comme Manolo Caracol), suivent les ballets flamencos (comme Antonio Mairena) ou disparaissent peu à peu, comme la Niña de los Peines et son frère Tomas Pavon.

http://www.dailymotion.com/video/x44f6b

C’est aussi la période durant laquelle le flamenco s’internationalise.
En 1949 est créé, à Grenade encore, le premier club d’amateurs; en 1954 apparaît la première anthologie du Cante Flamenco et, dès les années 60, le flamenco renaît de ses cendres et entame une remontée spectaculaire.
Actuellement, on voit que le flamenco est bien vivant et qu’il influence, ou est influencé par, des musiques diverses comme le jazz (né lui aussi dans la persécution d’un peuple) ou la musique africaine à travers des rencontres .



Le fado

 

 Le fado est un genre musical portugais  qui prend la forme d’un chant mélancolique généralement accompagné par des instruments à cordes pincées.

Le chanteur de fado ou fadiste (fadista) exploite en général des thèmes récurrents : la saudade , l’amour inaccompli, la jalousie, la nostalgie des morts et du passé, la difficulté à vivre, le chagrin, l’exil…

Ce chant fut d’abord chanté dans les quartiers populaires avant d’atteindre la bourgeoisie. Le fado fut le chant national du Portugal à l’époque du dictateur Salazar. 

Le Fado de Lisbonne

Ce genre est originaire des quartiers populaires de Lisbonne . Il est pratiqué aussi bien par des hommes que par des femmes. Il est en général plus entraînant et plus joyeux que celui de Coimbra.

Le fado de Lisboa est connu aujourd’hui pour être fréquemment accompagné au violon, au violoncelle ou à l’orchestre, mais il ne se dispense pas de la guitare portugaise.

 Parmi les guitaristes les plus connus, on notera Armandinho, José Nunes, Jaime Santos, Raul Nery, José Fontes Rocha, Carlos Gonçalves, Mario Pacheco, Pedro Caldeira Cabral, José Luís Nobre Costa, Paulo Parreira ou Ricardo Rocha.

La guitare classique  est également un instrument incontournable et les exécutants les plus connus compte Alfredo Mendes, Martinho d’Assunção, Júlio Gomes, José Inácio, Francisco Perez Andión, o Paquito, Jaime Santos Jr., Carlos Manuel Proença. Le joueur de guitare basse le plus connu est Joel Pina.

 

http://www.dailymotion.com/video/x137mhv

 

 La fado dit « typique » est de nos jours chanté principalement à destination des touristes, dans des établissements spécialisés, notamment dans les quartiers historiques de Lisboa.

Ces fados conservent des caractéristiques originelles : soit un chant triste, divertissant ou ironique, soit un dialogue partiellement improvisé entre deux chanteurs.

 

Le fado moderne a vu sa notoriété dépasser largement les frontières du Portugal avec  Amalia Rogrigues. Ce fut elle qui popularisa l’usage de textes de poètes célèbres, comme luis Vaz de Camoes,  José Régio, Pedro Homem de Mello, Alexandre O’Neill, David Mourão-Ferreira, José Carlos Ary dos Santos et d’autres…

Le renouveau du fado est également associé au nom de João Braga, en raison de la qualité des poèmes qu’il chanta et mit en musique,

http://www.dailymotion.com/video/x13wszh

 

 

   « Le Fado de Coimbra se rapproche beaucoup de celui de Lisbonne du point de vue instrumental, mais il a pris une tournure plus érudite dans les textes tout en imposant de nouvelle sonorités. Il excelle dans la transmission des souvenirs de la vie académique, des meilleures années de la jeunesse, des nuits blanches, des amours non partagés et des sérénades scandées à la fenêtre » résume João Farinha, chanteur qui s’est imposé sur la scène locale.

Si le fado de Coimbra emprunte aux thèmes folkloriques, il est aussi volontiers ironique, voire critique.

On le chante ainsi pour célébrer les poètes classiques et contemporains, en forme de résistance à la dictature de Salazar.

Le Fado de Coimbra a été dans les années 60 un chant contestataire. Cette protestation, musicale et symbolique (souvent allusive et métaphorique en raison de la censure), a été portée par Zelca Alfonso et Adriano Correira de Oliveira, impliqués dans la vie politique et syndicale.

Le genre de la « trova » est érigé comme un outil à la gloire du peuple et des résistances. « La trova do vento que passa », balade de Coimbra, devient l’hymne du mouvement étudiant opposé alors au régime.

 

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Si le fado de Coimbra est plus cérémonial que celui du Sud, il n’en est pas moins enivrant. Drapés d’une cape et d’un complet noirs, ses interprètes l’incarnent avec ferveur sur les marches du Monastère « Mosteiro de Santa Cruz », dans l’église Sé Velha ou encore au centre culturel « Fado Ao Centro » qui milite pour la défense de ce patrimoine culturel.

L’établissement soigne sa programmation, quotidienne, et projette d’ouvrir en 2014 sa propre école. Il faut croire avec Camané, figure nationale, que « si le fado nous tue » on veut ici aussi « vivre très longtemps ». 



Stéphane Grappelli,

 

Stéphane Grappelli, fils d’immigré italien né à Paris le 26 janvier 1908, marque l’histoire de son instrument, le violon. Il fonde le Quintet du Hot Club de France avec Django Reinhardt, autodidacte comme lui, dès 1934. Leur collaboration contribue à populariser le jazz en France. Après la Seconde Guerre Mondiale, Stéphane Grappelli parcours le monde au côté des plus grands, il est adoubé par le maître du violon classique Yehudi Menuhin. Stéphane Grappelli in Paris et Swinging with Django Reinhardt sont deux de ses albums de référence. Son décès en 1997 a attristé la planète jazz et ému le public.


Stéphane Grappelli a la douleur de perdre sa mère à l’âge de quatre ans, son père l’initie au violon et le jeune Stéphane joue dans les restaurants et les cours d’immeuble pour survenir à ses besoins. En 1923, il commence à jouer du piano dans les cinémas, en accompagnement sonore des films muets.

http://www.dailymotion.com/video/x10d9pa

Surdoués

Venu au jazz, il rencontre un jeune surdoué de la guitare, Django Reinhardt. Ensemble ils fondent le Quintet du Hot Club de France et initient leurs compatriotes au styles New-Orleans et Dixieland. La Seconde Guerre Mondiale sépare les compères, Stéphane Grappelli se trouve bloqué en Angleterre.

Collaborations

De retour en 1946, Stéphane Grappelli devient le précurseur reconnu du violon jazz. Les plus grands jouent alors avec lui, Oscar Peterson, Jean-Luc Ponty, Philip Catherine, Michel Petrucciani parmi beaucoup d’autres. Le maître du violon classique Yehudi Menuhin, l’adoube en jouant avec lui.

 

 

 

 http://www.dailymotion.com/video/x8pn3w

 

Tristesse

Stéphane Grappelli devient le mentor de Didier Lockwood qui publie For Stéphane après la mort du virtuose. Ouvert musicalement, il colore de son violon la fin du titre « Wish You Were Here » de Pink Floyd. Actif, il donne encore des concerts dans les années 90, à plus de 80 ans. Son décès le 1 décembre 1997, attriste la planète jazz et le public qu’il soit connaisseur ou profane.

Site Music Story François Alvarez



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