Au Pont vert,

mendiant chien

Au Pont-Vert

Il était là, s’enivrant d’odeurs de viennoiserie,
Peut-être pour que son esprit s’envole sur quelque rêvasserie,
Au coin de cette rue, assis en tailleur, sur le trottoir,
Avec son chien couché sur une couverture, comme seul auditoire.

Le soleil ne réchauffait pas son corps abîmé de ses rayons,
Mais le vent ne venait pas, ici, le menacer de ses imprécations.
Devant lui, la blancheur d’une coupelle tranchait avec le gris
Celui de la rue, celui des passants, celui de sa vie.

Son polo couleur crème rendait son visage plus terreux,
Son blouson, d’un vieux marron, attristait plus ses yeux.
Enserrés dans des tresses qui dissimulaient leur broussaille
Ses cheveux châtains se prêtaient à orner son chandail.

Il est très difficile de poser notre regard sur la pauvreté,
Sans se sentir comme un innommable voyeur apitoyé.
Mais comment ne pas atteindre et blesser sa dignité ?
Peut-être avec quelques mots sans les enrober de malignité.

Notre conscience cache ses images dans sa transparence
Et souvent, elle n’ose se dévoiler et reste dans l’indifférence.
Quelquefois la gêne s’en envole pour la rendre visible,
Et se conforte de pouvoir lire cette joie sur des lèvres indicibles.

Et ce regard devient lumineux, on peut même en voir la couleur !
Et ces mains caressent son ami pour partager ce don salvateur,
Comme pour lui dire que le repas du soir serait plus digne,
Reprendre confiance en l’humanité et combattre leur guigne.

Si vous passez par là…

Fin

Poème écrit le 1.10.2015

La photo provient d’internet mais n’a pas de références de photographe.

Ce n’est pas l’homme que l’ai vu, ce jour-là .



D’un rose manteau, à Perros Guirec,

4.0M DigitalCAM

D’un rose manteau … à Perros Guirec,

Mon cœur est flamboyant comme la lave,
Même si le froid a cristallisé mon caractère …
Je suis la fierté, peut-être un peu l’esclave,
De cette femme qui porte le prénom « Terre « .

Je suis le protecteur de cette dame nourricière
Qui a veillé à me couvrir d’un rose manteau ;
Comme un gardien, imperturbable, discret mais fier,
Je protège ses estrans des assauts de vils fléaux.

Mais dans les nombreux plis de ma redingote de pierre,
Je sais aussi protéger la passion des amoureux,
Car, sur ma plage, la fantaisie de leurs âmes légères,
Trouve, dans mes déséquilibres, un refuge silencieux.

Je ne ressens de mes cicatrices aucune douleur,
Quand des vagues traîtresses me tyrannisent,
Et je sonde même avec ironie, les reflets de leurs terreurs,
En laissant s’effilocher leurs dentelles qui agonisent.

Mais dans la douceur de mes tendres auréoles,
Je sais animer l’imagination fébrile des peintres,
Qui déposent leurs impressions dans l’envol
De leurs pinceaux, selon la lumière de leurs teintes.

Je suis l’éternel équilibriste de l’indolence,
Qui surplombe la mer de son corps torturé,
Et j’ose même lui hurler les cris de mes résonances,
Quand elle vient de sa colère me fouetter.

Mais avec la tendresse du rose de mon âme,
Je suis le canevas des saisons et de leurs caprices,
Me fondant aux ocres et aux verts de leurs trames,
Avec l’élégance d’un prince, digne du titre de patrice.

Fin

Poème écrit le 22.06.2008



Le Mor Bihan

56_Morbihan

MOR BIHAN,

Tu ouvres tes portes entre Port Navalo et Kerpenhir,

Les druides pour t’encercler ont enracinés dolmens et menhirs.

Tu abrites toutes les voilures dans ce paradis de plaisance,

Et de douces vagues couvrent et découvrent toutes tes anses.

Toutes ces voiles qui jouent dans le labyrinthe de tes îles,

Restent protégées de l’océan par tes deux presqu’îles.

Le bleu de tes eaux illuminé par ce soleil charmeur,

Peaufine cette harmonie de sa pâle et tendre douceur.

Havre paisible, les courants enragés à ton seuil se calment,

Les paysages changeants et insolites se protègent de leurs lames.

Les privilèges de ces lieux en sont d’apaisantes couleurs,

Le vert et le jaune donnant aux bois et fleurs toute leur chaleur.

Tes herbiers, tes plages, tes criques, et tous tes rochers,

Où les échasses, aigrettes, mouettes viennent en nombre s’y reposer,

Sont de précieux refuges sur la route de leurs voyages,

Pour ces oiseaux qui égaient ces landes de leurs plumages.

Île aux Moines, toi, cette perle fière et sans faille,

Tu te rehausses par ces demeures en pierre de taille,

Où vivaient les capitaines, entourés de tous les pêcheurs,

Qui se reposaient dans de blanches maisonnettes de leurs labeurs.

Cette douce atmosphère recueille le secret des ruelles,

Le long desquelles les fleurs, en cascade, s’entremêlent.

Ces jardinets, ornés d’eucalyptus, de figuiers et mimosas,

Rejoignent le bois d’Amour par des sentiers de camélias.

Ile celte, tu fourmilles de tumulus et de cromlech

Qui s’érigent dans cette lande sauvage jusqu’au Trec’h.

Ile d’Arz, toi, le paradis de tous les promeneurs,

Tu caches de mousse les murets de tes jardins rêveurs.

Tes petites maisons se recroquevillent dans leurs enclos,

Car la houle n’épargne ni ton île et tous les îlots.

Ces paysages ou la mer et la terre se confondent,

Resplendissent de leur luminosité dans ces eaux profondes.

Pour protéger cette vie féerique et éblouir tous nos regards,

Tu fermes ta barrière aux régates pour leur départ.

Ces voiliers géants et tous ces amoureux de la mer,

N’entrent pas dans ce golfe Mor Bihan, cette petite mer.

fin

Ecrit le 12 août 2004



Dans la main de mon père, A St Pol de Léon

Chapelle et cathédrale de St pol de Léon Kreisker

Dans la main de mon père,
(À Saint Pol de Léon)

Je me souviens de ma petite main blottie dans celle de mon père,
Quand il a voulu me raconter l’histoire de ce site légendaire,
Dont seul le vent a pu effleurer et préserver les secrets,
Pour qu’ils restent ancrés dans ces pierres au caractère discret.

J’entends encore le son de sa voix me murmurer les mystères de ces murs,
Pour y cueillir et m’enrichir de tout ce qui fut sa culture :
L’esprit des Carmes résistant encore sur quelques ruines
En murmurant des prières aussi légères et fluides que la bruine.

Impressionnée par ce lion et ce dragon, dressés comme des sentinelles
Sur ce joyau de la Renaissance, mon regard se détourna sur une tourelle.
Mon esprit imagina un flambeau éclairant sereinement cette maison,
Dans laquelle on pouvait contempler des œuvres d’artistes, en toute saison.

Puis levant les yeux, je voyais soudain une demeure de quatre étages,
Qui réchauffait ses ardoises d’une géométrie d’un autre âge.
Elle semblait narguer, avec quelques autres pionnières,
De robustes habitations qui n’avaient que de sombres pierres.

Je me souviens encore de cette cathédrale imposant ses deux clochers,
Dont le gothique avait anéanti le peu de normand des tours effarouchées.
Ils s’étaient fièrement dressés dans cette obscurité moyenâgeuse,
Sublimant de leur fierté le dédale de ces ruelles ombrageuses.

Dans le cœur de cette vieille Dame, se dessine une grande dalle sombre.
Il m’a fallu imaginer des dragons terrassés, pris dans la pénombre,
Vaincus par Saint Paul Aurélien, dont l’histoire s’étale sur les murs,
Les vitraux, les accoudoirs, les miséricordes des stalles et sculptures.

Un grand orgue, orné d’un damier noir et blanc, en trompe-l’œil,
Qui, sur la dalle de Marie-Amice, dans l’attente de son deuil,
Encadré de sages colonnades, la réconforte de sa grâce reconnaissante
Pour atténuer les supplices des martyrs des âmes gémissantes.

Le ciborium en bois, en forme de crosse, symbole de l’éternité,
A su cacher de ma vue, derrière une peinture, avec dignité,
Ses boîtes à chef, enfuies des Etagères de la Nuit,
Pour n’afficher que sa préciosité, et ne pas assombrir mes nuits.

En sortant de cette basilique, pour égayer mon esprit rêveur,
J’aurais aimé entendre le son ce cette cloche celtique, comme une faveur,
Celui qu fut transmis à une autre en résonnant avec les mêmes frissons,
Pour protéger une épine que l’histoire protège sous le cristal de l’unisson.

Mon père me parla de l’ancienne halle, au pied de la cathédrale.
Elle était couverte. J’imaginais une grande salle de bal !
Je voyais des couples dansant, tous en costumes du Léon,
Un mélange de Chicoloden et de chapeaux ronds !

Les femmes portaient une jupe longue de drap noir,
Egayées d’un chemisier blanc, un châle, un tablier en satin noir,
Laissant apparaître la finesse d’un large macramé,
Et les broderies ornaient ce bal costumé.

Les hommes soignaient leur élégance dans le noir d’un costume,
Et sous un gilet à l’espagnole, une chemise blanche selon la coutume,
Nouée d’une cravate, en portant fièrement, ce fameux chapeau
D’un velours noir enrubannée et rond, comme dans la chanson.

Mais mon rêve s’écroula, comme l’avait fait ce toit à longs pans,
Soutenu par ces piliers, laissant le droit d’entrer à la lumière et au vent.
Ce n’était plus ce vestige médiéval, et mon bal devenait marché,
Où on entendait le brouhaha des chalands au pied du Kreisker.

Je me souviens de cette dentelle de pierre s’élevant dans le ciel,
Si haute, si majestueuse, comme si elle voulait attraper le soleil !
J’ai gravi, aidée par mon père, toutes les marches de ce clocher,
Quelle vue, que de souvenirs enfermés dans ma boîte à clichés.

Il est vrai que le spectacle était grandiose du haut de sa balustrade !
Imposant sa force et fier de préserver cet ultime grade,
Ce roi des clochers a dû sa grâce à Napoléon, comme sentinelle !
Il reste le vigile, le veilleur et le gardien d’une terre sempiternelle.

A ses pieds, gisait alors l’ancien cimetière de sa chapelle.
Des gouttelettes d’eau, sur une vasque de granit intemporel,
Viennent y rebondir sur ses contours. La mémoire de mon père,
Me parle de Kerliviry, et de la mettre ici, fut, selon lui, une vraie galère.

Je me souviens du souffle du vent qui venait jouer dans mes cheveux.
L’odeur était présente, la mer était là, et de la voir fut mon vœu.
Alors on a suivit une route sinueuse, celle des Lavoirs.
J’ai en mémoire une fontaine qui ne se tarit jamais, selon l’histoire.

La rue du Port, un nom facile à retenir, on entendait les vagues gémir au loin.
La plage est au bout de cette promenade de Penarth, aménagée avec soin.
Contournant l’îlot Ste-Anne, elle attise le charme des arbres qui la saluent
Et ce roc là-bas, attire nos pas et nous laisse dans une béatitude absolue.

En haut, sur ce rocher Roc’h ar Ged, je serrais sa main.

Fin
Poème écrit le 16 juillet 2019,



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