L’abîme d’une lassitude,

depression

L’abîme d’une lassitude,

C’est un épais brouillard qu’aucune lumière n’arrive à percer,
Tout y devient voilé, obscur comme dans une prison ;
La grisaille nous enlace de sa froideur, indifférente, et nous transperce.
Même la plus belle éclaircie n’arrive à nous transmettre son éclat !
La route devient trop sombre pour nous donner l’envie,
L’envie de la suivre, l’envie de la parcourir avec d’autres,
L’envie de s’y promener, l’envie de … Tout simplement !

Alors on s’efface, on se laisse dériver dans un courant,
Car on n’arrive plus à rêver, à espérer, à croire même !
Croire en quoi ? Croire en qui ? Le sait-on encore ?
Cela devient tellement abstrait, que le mot « croire » ne résonne plus ;
On ne sait plus l’épeler, le dire, l’écrire, on l’oublie peu à peu ;
Comme dans « espoir », ce sont des syllabes qui se gomment, qui se glacent,
Qui deviennent invisibles et désespérantes quand on en a perdu la signification.

Dans cette déroute, on suit des sentiers, sans les choisir,
Des chemins dont les branches cassées jonchent le sol,
Comme cela, au hasard, et on se perd dans leurs dérives.
D’ailleurs, veut-on seulement les retrouver, ces directions ?
Elles vont partout et nulle part, mais toujours butent sur un mur,
Celui de l’incompréhension, un peu celui de l’égoïsme, aussi.
Ces impressions nous étouffent jusqu’à assécher nos souffles.

La lassitude peut détruire, certainement, si on n’y prend pas garde.
Mais, pouvons-nous encore en déceler le déclic ?
Juste à temps ! Les menottes sont encore entrouvertes…
Trop tard ! Le cadenas est scellé, qui en détient la clef ?
Mais la compassion n’est pas ce verrou qui peut débloquer la serrure,
Ce bout de ferraille avec lequel joue la vie … Ouvert ? Fermé ?
Il y a des regards qui sont sourds, d’autres qui nous parlent.

Ces regards, on les sent à travers ce voile épais, et on les cherche.
Quand ils sont assez pénétrants, même silencieux, on s’y accroche.
Les plus beaux silences sont ceux qui chuchotent à nos oreilles
Leur intention de ne pas nous laisser sombrer, mais discrètement.
Leurs présences peuvent encore nous accompagner afin de sortir de l’ornière,
Sur un petit bout de chemin, ce petit jet de lumière qui nous sortira du brouillard.
L’intensité d’un regard, on veut encore le découvrir, et on le recherche.

On arrive à déceler l’amour ou l’amitié dans les nuances des reflets
De ces regards muets, qui osent nous éblouir de leur affection pure et sincère,
Mais pas de ceux qui ignorent nos visages et ne regardent que nos silhouettes.
Car, ceux-là, sont souvent si absorbés par leurs étoiles et leurs éclats,
Que le ciel ne nous reflète que ceux des loupes de leurs jumelles.
On peut arriver à oublier ce mot « lassitude » en trouvant le réconfort
Avec ceux qui nous tendent une passerelle, une ficelle même, qu’importe !

Il suffit juste, pour cela, d’en croiser les fils et d’essayer de nouer cette lassitude,
Avec leurs écheveaux, avec la force de leurs fragiles aspects,
Même s’il faut attendre qu’ils s’enlacent en des tresses plus solides.
Il suffit juste que notre vision sorte un peu du brouillard, juste un peu,
Un petit trou de serrure qui laisserait un rayon de lumière passer.
Il suffit de cela, juste une lueur, même faible, juste un éclat,
Et l’on pourrait retrouver les significations des mots « croire » et « espoir » !

Fin

Poème écrit en vers libres

Le 19.05.2008



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