Le perce-neige,

perce-neige

Le perce neige,

Ce lundi avait revêtu son habit d’hiver,
Comme pour dévoiler la misère
De celui qui emprisonne la vie,
Ce geôlier, que l’on surnomme « ennui ».

Les corbeaux dessinaient au fusain,
Les pensées de leurs esprits malins,
Comme pour peindre de sacrilège
Les reflets lumineux de la neige.

Tout restait figé dans ce triste décor,
Les arbres étaient muets comme la mort,
Le brouillard avait enlacé la nature
Pour subtiliser ses rêves d’aventure.

Fragile, insoumis et dominant sa peur,
Comme intimidé devant les faibles lueurs
Que le soleil avait disséminé avec parcimonie,
Le perce-neige a osé s’éveiller, par défi !

Il a effacé la tristesse par sa ferveur,
Ravivé la nature de sa torpeur,
Cet ange du printemps, inopinément,
A su balayer, en un éclair, les affres du temps.

Fin

Poème écrit ce Lundi de Pâques

Le 24 mars 2008



Couleurs d’une vie,

couleurs vie

Couleurs d’une vie,

Le bleu… sa sincérité, sa fluidité, sa douceur
Sont les essences même de sa pâleur.
Il peut revêtir aussi d’autres apparences,
Quand son humeur sort de sa nonchalance ;
Son esprit devient alors chagrin, sombre,
Comme pour flirter avec la pénombre.

Le vert est le peintre de la nature, de la vie,
L’espoir se fond dans ses harmonies.
Jamais coléreux, il joue avec la lumière
Comme pour y cacher toutes les misères.
Sa tendresse apaise ses élans de créativité.
Tout y est paisible et emprunt de générosité.

Le rouge reflète sa colère ou sa passion
Qui s’y querellent avec une certaine obsession…
La braise de la vengeance, la frénésie de l’amour,
La fournaise d’un sentiment, la ferveur d’un jour,
La douleur fulgurante qui conduit au drame…
Son feu détruit, par sa rage, ou, enflamme.

Le jaune vit par le soleil, brille autant, même !
Il est d’humeur gai, rieuse, ignore le stratagème,
Est semblable à l’innocence, couleur des enfants .
Il ne combat que l’hiver, guide le printemps,
Sa vivacité n’est que vie rayonnante
Qu’il illumine de sa joie débordante.

Et ce noir, celui qui écrit la tristesse,
Cette nuit qui nous harcèle sans cesse,
Ce chagrin qui ternit toutes ces dames
Qui, sur la palette du peintre, se pâment.
Je ne lui reconnais qu’une jolie silhouette,
Celle de l’élégance… Une apparence qu’il reflète.

Fin

 



La passante du piano-bar,

piano bar

La passante du piano-bar,

La solitude l’a conduite ce soir-là, à ce bar,
Un jour de blues, machinalement, par hasard,
Une journée où les feuilles, peu à peu, tombent,
Quand l’hiver sort, déjà, de sa tombe…

Blottie, ombre chinoise dans ce noir,
Elle voulait oublier la banalité d’un soir,
Découvrir l’émotion d’un piano de la nuit,
Et bannir de son monde un certain ennui…

Un mélodica*, sous l’harmonie de ses murmures,
Dessinait des fils dorés sur les murs.
Susurrant ses confidences aux passants,
Il jouait sur les gammes de ses accents. *

Sa musique s’envolait doucement, en silence ;
Elle avait médusé du public l’insolence,
Ebloui délicatement cette soirée de trêve,
Pour être la passerelle de leurs rêves.

Sur d’autres sentiers, d’autres chemins,
Afin de les protéger de la froideur du parchemin,
Il sème désormais l’or de ses poussières *
Comme pour rendre sirène la terre entière…

Depuis, la passante du piano-bar scrute le ciel, *
Pour y percevoir les nuances de cet arc-en-ciel
Dont la palette se dévoile, souvent, ailleurs ;
Mais les minutes abandonnent trop vite ses heures…

Il lui reste alors quelques images en mémoire,
Et des mots qui se dessinent quelquefois sur une écritoire,
Mais les couleurs se dissipent, anonymes, en errance,
Et, la solitude redevient, alors, sa seule référence.

Fin

Poème écrit le 5 avril 2008

* ses accents, * poussières = les notes de musique,

*le ciel : les nouvelles

* Le mélodica représente l’artiste, en général, mais dans l’excellence de son art



Dame Molène d’Armor,

 

ile molène d'armor

Dame Molène d’Armor,

Une « Seychelle », au large de Trébeurden, étend son voile éblouissant ;
Et sur la couleur du granit de ses roches, résonnent des échos bretonnants.
Protégée de ses roses tourelles, et d’une armée de galets,
Dame Molène d’Armor, harassée, égrène cependant son chapelet.

Les siècles lui ont façonné une longue traîne de blondes dentelles
Et ses gardiens semblent lui éviter les désagréments de viles querelles.
Cette candide geôlière garde même à l’abri de son rose carcan,
Le seigneur des galets, libre prisonnier, isolé de la mer et de ses tourments.

Les goémoniers ont commencé à tirailler son cœur innocemment,
Et d’autres hommes rompirent les liens racinaires de leurs piétinements.
Elle a même trouvé dans le hasard d’un épisode vermillon,
La complicité imprévue d’une mégère qui enterre les hommes dans ses sillons.

Mais les marées se montrent désormais plus guerrières,
Car elles ne lui offrent plus de présents dans leurs courses meurtrières.
Des âmes bienfaitrices la vêtissent d’un doux manteau vert,
Mais les soleils et tempêtes le transforment en guenilles de misère.

Dame Molène d’Armor, égrène son chapelet inlassablement,
Mais leurs grains s’en défilent comme se perdent ses prières, silencieusement.
Pour éviter d’autres déchirures, elle a piégé sa robe de ganivelles,
Pour que de son incessante lutte ne s’estompe l’image de la Blanche rebelle.

Poème écrit le 13 avril 2008.

Sur un article d’Odile Guérin

Dédié à Eliane d’Iroise.

http://videos.letelegramme.com/player.php?sig=iLyROoafJiew

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/ile-molene-22-un-joyau-condamne-a-disparaitre-07-04-2009-324896.php

L’île Molène détient le plus gros galet du monde,

http://www.guingamp.maville.com/actu/actudet_-Le-plus-gros-galet-du-monde-est-breton-_dep-550987_actu.Htm



L’abîme d’une lassitude,

depression

L’abîme d’une lassitude,

C’est un épais brouillard qu’aucune lumière n’arrive à percer,
Tout y devient voilé, obscur comme dans une prison ;
La grisaille nous enlace de sa froideur, indifférente, et nous transperce.
Même la plus belle éclaircie n’arrive à nous transmettre son éclat !
La route devient trop sombre pour nous donner l’envie,
L’envie de la suivre, l’envie de la parcourir avec d’autres,
L’envie de s’y promener, l’envie de … Tout simplement !

Alors on s’efface, on se laisse dériver dans un courant,
Car on n’arrive plus à rêver, à espérer, à croire même !
Croire en quoi ? Croire en qui ? Le sait-on encore ?
Cela devient tellement abstrait, que le mot « croire » ne résonne plus ;
On ne sait plus l’épeler, le dire, l’écrire, on l’oublie peu à peu ;
Comme dans « espoir », ce sont des syllabes qui se gomment, qui se glacent,
Qui deviennent invisibles et désespérantes quand on en a perdu la signification.

Dans cette déroute, on suit des sentiers, sans les choisir,
Des chemins dont les branches cassées jonchent le sol,
Comme cela, au hasard, et on se perd dans leurs dérives.
D’ailleurs, veut-on seulement les retrouver, ces directions ?
Elles vont partout et nulle part, mais toujours butent sur un mur,
Celui de l’incompréhension, un peu celui de l’égoïsme, aussi.
Ces impressions nous étouffent jusqu’à assécher nos souffles.

La lassitude peut détruire, certainement, si on n’y prend pas garde.
Mais, pouvons-nous encore en déceler le déclic ?
Juste à temps ! Les menottes sont encore entrouvertes…
Trop tard ! Le cadenas est scellé, qui en détient la clef ?
Mais la compassion n’est pas ce verrou qui peut débloquer la serrure,
Ce bout de ferraille avec lequel joue la vie … Ouvert ? Fermé ?
Il y a des regards qui sont sourds, d’autres qui nous parlent.

Ces regards, on les sent à travers ce voile épais, et on les cherche.
Quand ils sont assez pénétrants, même silencieux, on s’y accroche.
Les plus beaux silences sont ceux qui chuchotent à nos oreilles
Leur intention de ne pas nous laisser sombrer, mais discrètement.
Leurs présences peuvent encore nous accompagner afin de sortir de l’ornière,
Sur un petit bout de chemin, ce petit jet de lumière qui nous sortira du brouillard.
L’intensité d’un regard, on veut encore le découvrir, et on le recherche.

On arrive à déceler l’amour ou l’amitié dans les nuances des reflets
De ces regards muets, qui osent nous éblouir de leur affection pure et sincère,
Mais pas de ceux qui ignorent nos visages et ne regardent que nos silhouettes.
Car, ceux-là, sont souvent si absorbés par leurs étoiles et leurs éclats,
Que le ciel ne nous reflète que ceux des loupes de leurs jumelles.
On peut arriver à oublier ce mot « lassitude » en trouvant le réconfort
Avec ceux qui nous tendent une passerelle, une ficelle même, qu’importe !

Il suffit juste, pour cela, d’en croiser les fils et d’essayer de nouer cette lassitude,
Avec leurs écheveaux, avec la force de leurs fragiles aspects,
Même s’il faut attendre qu’ils s’enlacent en des tresses plus solides.
Il suffit juste que notre vision sorte un peu du brouillard, juste un peu,
Un petit trou de serrure qui laisserait un rayon de lumière passer.
Il suffit de cela, juste une lueur, même faible, juste un éclat,
Et l’on pourrait retrouver les significations des mots « croire » et « espoir » !

Fin

Poème écrit en vers libres

Le 19.05.2008



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