Toujours courir,

rivière à sec

Toujours courir…

Ensevelie dans ce chemin,
La rivière perd peu à peu ses liens,
Et erre sur le lit de ses maux
Portée par le faible courant de ses eaux.

Que reste-t-il de cette passagère,
De cette eau qui scintillait si fière ?
Quelle soif a desséché ce lit,
Sur le périple de sa vie ?

Les souvenirs se sont enlisés,
Piégés dans les plis crevassés,
De cette dame altière qui ondulait,
Comme pour y noyer ses plaies.

Ses lèvres ne se désaltèrent même plus
De ses quelques larmes vides et nues,
Car sa peau est trop sèche et gercée
Des fentes arides qui l’ont transpercée.

Elle n’a pas su retenir le courant,
Qui rêvait de liberté en flânant,
Et qui a perdu le goût des balades,
A force de subir ses estafilades.

Elle s’éloigne, seule et incomprise,
Abandonnant ses emprises,
Sur ce flux qui voudrait, peut-être, encore courir,
Pour que le mot amour ne puisse mourir !

Fin

Poème écrit le 9 août 2008-08-09



Le prince du Talbert,

sillon talbert

Le prince du Talbert,

La fée Morgane, du feu de son amour, a su te revêtir
De cette arrogance pierreuse, de cette fébrile fierté,
Qui jalonne à jamais ton sillon, te faisant même curiosité,
Comme le gardien de Toul-Ster, ce rempart qui ne doit s’assoupir.

Vers la mer du Castrec, tu oses défier les incessantes écumes,
Comme un glaive, tu en sépares du Trieux et du Jaudy les courants,
Protèges la frêle Laneros, te reposes un peu au jusant,
Et refoules les vents d’ouest qui se brisent contre ton enclume.

Tes galets et rochers sont les seuls reflets de ton corps,
Et deviennent cocons, même si leurs habillages sont ternes …
Quand éclosent eiders, gravelots et les naines sternes.
Ton sable devient alors plume, dans ce rocailleux décor.

Quand, dans la houle insoumise, l’hiver s’habille de ses maux,
Tu offres alors les cachettes insoupçonnées de tes pierres,
Pour que ton domaine devienne le refuge de l’hiver,
A ces courlis, bernaches, cormorans, harles et guillemots…

Sur ton torse efflanqué, se blottissent les choux et chardons bleus ;
Et ces renouées de Ray, qui, couchées sur ce sol brunâtre,
Essaient de s’enorgueillir auprès des roseaux jaunâtres,
Ces oyats qui tentent de discipliner ton sol sablonneux.

Au loin, Héaux te surveille de ses lumières nocturnes,
Et épie les goémoniers sur tes platiers et tes estrans,
Où s’agrippent les tentacules visqueux des goémons errants,
Ces plantes marines si généreuses et pourtant si taciturnes.

Toi, le simple cordon de galets qui se promène sur la mer,
Qui pointe ta flèche vers les iles du Talbert,
Qui protège de ton corps Bréhat, le Goelo, et leurs terres,
Tu es le prince de Morgane, toi, le Sillon du Talbert !

Fin

Poème écrit le 24.08.2008



123

ABRACADA ... |
Bienvenue sur le site de Te... |
Art,Sculptures |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | deuxc.com
| Eric Boldron,articles...
| LE MEILLEUR FEUILLETON DE L...