Le vieux couple,

 

le vieux couple

Le vieux couple,

Ils vivent ensemble depuis de longues années ;
Les joies et les peines se sont doucement enchaînées,
Ne tissant qu’une seule corde solide, quoique un peu usée,
Sur laquelle demeurent quelques nœuds qui semblent s’excuser.

A l’aube, quand le soleil étire ses rayons pour les redessiner,
Le mari est déjà levé, et a préparé le feu de la cheminée
Qui va accompagner leur journée les entourant d’une certaine douceur,
Pour les protéger des affres de l’hiver et de ses noirceurs.

Son épouse viendra le rejoindre pour le petit-déjeuner,
Mais ses gestes sont un peu difficiles en ce début de journée.
Pourtant, sa vie fut très active, mais les douleurs la rendent fébrile,
Car elles ont tellement flétries son corps qu’il en est devenu servile.

Lorsque les jonquilles auront étalé leurs jaunes ombelles,
Et que le soleil les cajolera de sa douceur solennelle,
Son époux sera déjà présent, dans ce jardin qu’il entretient,
Et qu’il aime agrémenter, entretenir, comme un fidèle gardien.

Avec amour mêlé à un soupçon d’inquiétude, elle le regardera
Derrière la fenêtre ou à la porte de la maison, elle le surveillera,
Afin de vérifier s’il a bien mis son chapeau, s’il n’en fait pas trop,
Car il doit être vigilant pour être encore, dans cet univers, le seul maestro.

Elle aimerait tant, avec lui, encore partager quelques labeurs,
Même si sa maladie, d’une manière sournoise, a entaché son humeur.
De temps à autre, la négligence de ses larmes vient la surprendre,
Elle, dont le fort caractère, n’eut comme consigne, de toujours entreprendre.

Elle adorait conduire, heureuse de ressentir une certaine ivresse
En voyant défiler ce long ruban de bitume, modulant sa vitesse.
Pour elle, habiter loin de la ville n’était pas un obstacle, au contraire,
Car elle pouvait s’évader en trouvant le moyen de se distraire.

Son mari est toujours à ses côtés, même s’il s’octroie la liberté,
De la laisser pour quelques courses mais sans en prolonger la durée.
Il la protège par son calme, sa serviabilité, et son amour,
Ce mot magique qui habite son cœur jour après jour.

Quelquefois, quand je m’enquiers de la santé de sa femme,
Je ressens l’inquiétude dans ce regard qui ne peut trahir son âme.
Son menton tremble un peu, il regarde au loin pour retenir ses larmes.
La guérison ne viendra jamais, mais son amour est sa seule arme.

Ce vieux couple passe un jour après l’autre, en se tenant la main,
En s’accrochant l’un à l’autre pour arriver au lendemain.
Un jour d’amour, un autre semblable, et encore un …
Ces jours ainsi défilent pour deux cœurs qui n’en font qu’un.

Fin

Poème écrit le 10 février,
Pour G.C. et R. C.
En vue de la St Valentin



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

ABRACADA ... |
Bienvenue sur le site de Te... |
Art,Sculptures |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | deuxc.com
| Eric Boldron,articles...
| LE MEILLEUR FEUILLETON DE L...