Au Pont vert,

mendiant chien

Au Pont-Vert

Il était là, s’enivrant d’odeurs de viennoiserie,
Peut-être pour que son esprit s’envole sur quelque rêvasserie,
Au coin de cette rue, assis en tailleur, sur le trottoir,
Avec son chien couché sur une couverture, comme seul auditoire.

Le soleil ne réchauffait pas son corps abîmé de ses rayons,
Mais le vent ne venait pas, ici, le menacer de ses imprécations.
Devant lui, la blancheur d’une coupelle tranchait avec le gris
Celui de la rue, celui des passants, celui de sa vie.

Son polo couleur crème rendait son visage plus terreux,
Son blouson, d’un vieux marron, attristait plus ses yeux.
Enserrés dans des tresses qui dissimulaient leur broussaille
Ses cheveux châtains se prêtaient à orner son chandail.

Il est très difficile de poser notre regard sur la pauvreté,
Sans se sentir comme un innommable voyeur apitoyé.
Mais comment ne pas atteindre et blesser sa dignité ?
Peut-être avec quelques mots sans les enrober de malignité.

Notre conscience cache ses images dans sa transparence
Et souvent, elle n’ose se dévoiler et reste dans l’indifférence.
Quelquefois la gêne s’en envole pour la rendre visible,
Et se conforte de pouvoir lire cette joie sur des lèvres indicibles.

Et ce regard devient lumineux, on peut même en voir la couleur !
Et ces mains caressent son ami pour partager ce don salvateur,
Comme pour lui dire que le repas du soir serait plus digne,
Reprendre confiance en l’humanité et combattre leur guigne.

Si vous passez par là…

Fin

Poème écrit le 1.10.2015

La photo provient d’internet mais n’a pas de références de photographe.

Ce n’est pas l’homme que l’ai vu, ce jour-là .



Dans la main de mon père, A St Pol de Léon

Chapelle et cathédrale de St pol de Léon Kreisker

Dans la main de mon père,
(À Saint Pol de Léon)

Je me souviens de ma petite main blottie dans celle de mon père,
Quand il a voulu me raconter l’histoire de ce site légendaire,
Dont seul le vent a pu effleurer et préserver les secrets,
Pour qu’ils restent ancrés dans ces pierres au caractère discret.

J’entends encore le son de sa voix me murmurer les mystères de ces murs,
Pour y cueillir et m’enrichir de tout ce qui fut sa culture :
L’esprit des Carmes résistant encore sur quelques ruines
En murmurant des prières aussi légères et fluides que la bruine.

Impressionnée par ce lion et ce dragon, dressés comme des sentinelles
Sur ce joyau de la Renaissance, mon regard se détourna sur une tourelle.
Mon esprit imagina un flambeau éclairant sereinement cette maison,
Dans laquelle on pouvait contempler des œuvres d’artistes, en toute saison.

Puis levant les yeux, je voyais soudain une demeure de quatre étages,
Qui réchauffait ses ardoises d’une géométrie d’un autre âge.
Elle semblait narguer, avec quelques autres pionnières,
De robustes habitations qui n’avaient que de sombres pierres.

Je me souviens encore de cette cathédrale imposant ses deux clochers,
Dont le gothique avait anéanti le peu de normand des tours effarouchées.
Ils s’étaient fièrement dressés dans cette obscurité moyenâgeuse,
Sublimant de leur fierté le dédale de ces ruelles ombrageuses.

Dans le cœur de cette vieille Dame, se dessine une grande dalle sombre.
Il m’a fallu imaginer des dragons terrassés, pris dans la pénombre,
Vaincus par Saint Paul Aurélien, dont l’histoire s’étale sur les murs,
Les vitraux, les accoudoirs, les miséricordes des stalles et sculptures.

Un grand orgue, orné d’un damier noir et blanc, en trompe-l’œil,
Qui, sur la dalle de Marie-Amice, dans l’attente de son deuil,
Encadré de sages colonnades, la réconforte de sa grâce reconnaissante
Pour atténuer les supplices des martyrs des âmes gémissantes.

Le ciborium en bois, en forme de crosse, symbole de l’éternité,
A su cacher de ma vue, derrière une peinture, avec dignité,
Ses boîtes à chef, enfuies des Etagères de la Nuit,
Pour n’afficher que sa préciosité, et ne pas assombrir mes nuits.

En sortant de cette basilique, pour égayer mon esprit rêveur,
J’aurais aimé entendre le son ce cette cloche celtique, comme une faveur,
Celui qu fut transmis à une autre en résonnant avec les mêmes frissons,
Pour protéger une épine que l’histoire protège sous le cristal de l’unisson.

Mon père me parla de l’ancienne halle, au pied de la cathédrale.
Elle était couverte. J’imaginais une grande salle de bal !
Je voyais des couples dansant, tous en costumes du Léon,
Un mélange de Chicoloden et de chapeaux ronds !

Les femmes portaient une jupe longue de drap noir,
Egayées d’un chemisier blanc, un châle, un tablier en satin noir,
Laissant apparaître la finesse d’un large macramé,
Et les broderies ornaient ce bal costumé.

Les hommes soignaient leur élégance dans le noir d’un costume,
Et sous un gilet à l’espagnole, une chemise blanche selon la coutume,
Nouée d’une cravate, en portant fièrement, ce fameux chapeau
D’un velours noir enrubannée et rond, comme dans la chanson.

Mais mon rêve s’écroula, comme l’avait fait ce toit à longs pans,
Soutenu par ces piliers, laissant le droit d’entrer à la lumière et au vent.
Ce n’était plus ce vestige médiéval, et mon bal devenait marché,
Où on entendait le brouhaha des chalands au pied du Kreisker.

Je me souviens de cette dentelle de pierre s’élevant dans le ciel,
Si haute, si majestueuse, comme si elle voulait attraper le soleil !
J’ai gravi, aidée par mon père, toutes les marches de ce clocher,
Quelle vue, que de souvenirs enfermés dans ma boîte à clichés.

Il est vrai que le spectacle était grandiose du haut de sa balustrade !
Imposant sa force et fier de préserver cet ultime grade,
Ce roi des clochers a dû sa grâce à Napoléon, comme sentinelle !
Il reste le vigile, le veilleur et le gardien d’une terre sempiternelle.

A ses pieds, gisait alors l’ancien cimetière de sa chapelle.
Des gouttelettes d’eau, sur une vasque de granit intemporel,
Viennent y rebondir sur ses contours. La mémoire de mon père,
Me parle de Kerliviry, et de la mettre ici, fut, selon lui, une vraie galère.

Je me souviens du souffle du vent qui venait jouer dans mes cheveux.
L’odeur était présente, la mer était là, et de la voir fut mon vœu.
Alors on a suivit une route sinueuse, celle des Lavoirs.
J’ai en mémoire une fontaine qui ne se tarit jamais, selon l’histoire.

La rue du Port, un nom facile à retenir, on entendait les vagues gémir au loin.
La plage est au bout de cette promenade de Penarth, aménagée avec soin.
Contournant l’îlot Ste-Anne, elle attise le charme des arbres qui la saluent
Et ce roc là-bas, attire nos pas et nous laisse dans une béatitude absolue.

En haut, sur ce rocher Roc’h ar Ged, je serrais sa main.

Fin
Poème écrit le 16 juillet 2019,



Je file ma quenouille,

QUENOUILLE

JE FILE MA QUENOUILLE,

De mes petites mains froides et meurtries,
Je file ma quenouille.
Jour après jour, aux nuits réunies,
Je file ma quenouille.

Je ne vois plus le bleu du ciel,
Les nuages sont trop gris.
Les heures défilent, sempiternelles
Le monotone lisse mon cœur aigri.

Je tisse une filasse entre mes doigts
Car le peigne pourrait en casser les fibres.
Il ne m’en reste plus beaucoup, de surcroît,
Tant abîmées par l’espoir qui toujours se défibre.

Dans le froid et la solitude,
Je file ma quenouille.
Sans amour et même sollicitude,
Je file ma quenouille.

La mort n’est plus mon cauchemar
Tant elle m’ouvrirait un nouveau monde !
Je suis un enfant qui, au fond d’une marre,
Aimerait noyer sa vie moribonde.

Je ne connais pas la douceur d’un câlin,
Mon corps n’est que souffrances.
Je n’ai jamais ressenti la fraîcheur d’un matin
Mes nuits sont nourries d’offenses.

Dans ce vide et ce dédain,
Je tisse ma quenouille.
Entre aujourd’hui et demain,
Je tisse ma quenouille.

Je sais que d’autres connaissent une enfance,
Je la devine derrière ces vitres, de peur, grillagées.
J’ose même projeter une quelconque errance,
Dans ce monde inconnu mais certainement moins piégé.

Il me faut arriver à sauver mon espoir
A trouver assez de force dans mes membres affaiblis ;
A courir vers la vie, vêtu de mon désespoir,
Pour que le noir ne m’enferme vers son oubli.

Sous l’ombrelle d’une rosée,
J’ai pris ma quenouille,
Pour l’ennoblir de fils dorés,
J’ai libéré ma quenouille.

Allo, le 119 !

Fin

Poème de Cicise, écrit le 27 novembre 2018



Le zodiaque 2018

8

Le zodiaque 2018

Les hommes ont toujours adoré la clarté et craint la nuit et ses mystères,
Car le soleil nous offre comme refuge l’horizon et ses couleurs,
Mais la nuit ne nous laisse que de petites étoiles comme lumières,
Dans le noir de son linceul qui nous prive de ses multiples lueurs.

Alors pour apprivoiser cette obscurité qui nous glace de son angoisse,
La nuit a allumé quelques unes de ses bougies en constellations,
Pour que les chemins des voyageurs s’alignent et se défroissent,
En les entourant de quelques éternelles et pourtant si simples décorations.

Chaque civilisation a tracé des cartes pour que cette pénombre
Soit illuminée par les torches de leurs héros ou de figures divines
Afin que les bateaux dans la profondeur des abysses ne sombrent
Et que les colporteurs évitent les pièges de sinueuses ravines.

Les Anciens, puis les astrologues ont voulu comprendre les astres,
Ces inconnus qui règnent aussi dans ce zodiaque qui nous relie.
Le feu, la terre, l’eau et l’air entourent nos vies de richesses ou désastres,
Mais que dire de ces douze signes qui forment leurs panoplies ?

Que le feu nous réchauffe de ses vives couleurs et ne détruise nos cœurs.
Que la terre reste la mère nourricière et se mélange au sable,
Que l’air nous souffle des vents pour parsemer le bonheur
Que l’eau nous entoure de sa fraîcheur sans devenir aussi destructrice que le diable.

L’impulsion n’est pas courage, l’ambition n’est pas domination,
L’indépendance est reine si elle écrase l’orgueil,
La virilité ne s’assouvit pas dans de vulgaires aberrations.
La joie de vivre impose le respect des autres comme unique recueil.

Le travail joue avec la persévérance, autant que la dextérité avec la patience,
La sensualité peut s’enrichir de la connaissance des arts,
La prudence n’est pas la peur, le travail est un amalgame de consciences,
Le sens du devoir peut protéger autrui entre nos murs comme remparts.

La justice, l’équité sont les socles du respect de l’humanité,
La fraternité est le lien majeur de la famille pour gommer quelques insolences.
La solidarité comble les failles des indigents et leurs pauvretés,
La mesure est dans notre conscience en négligeant l’indifférence

La timidité est juste un excès de sensibilité,
L’angoisse ne doit pas conduire à l’autodestruction
L’imagination peut aussi apaiser l’émotivité,
La ténacité peut contenir les reflets d’une grande passion.

La force de nos volontés peut réussir à réunir la diversité de nos cultures,
Nul n’a besoin d’être dominé ou dominant, il suffit d’être humain,
Suivre des sentiers différents peut nous amener à abattre certaines clôtures,
La diversité de nos signes peut s’unir pour la vie de demain !

Poème écrit par Cicise le 31 décembre 2017

bonne année

Bonne année

Bloavez mad

bloavez mad

Pace è salute

Happy New Year

Frohes neues Jahr

Feliz año nuevo

Feliz ano novo

Felice anno nuovo

С Новым Годом

Szczęśliwego nowego roku

عام سعيد (aam saiid)

bonne année 2018



Mes décors en papier… pour 2017 !

Mes décors en papier… pour 2017 !

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Rappelez-vous de vos premiers souhaits,
Ceux qui défilaient au cœur des cocotes en papier,
Ces premières réponses de la vie qui s’affichaient,
Sur les questions de votre enfance qui s’y trouvaient alors copiées.

Alors, pourquoi ne pas les reprendre cette année,
Les ouvrir pour ralentir la course du temps.
Les jours défilent inexorablement, ne sachant plus flâner,
Car le monde est pressé et nous vole sans honte ces instants.

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Écrivez vos désirs les plus secrets avec la plume de votre cœur,
Car votre liberté ne sera ponctuée que de votre fantaisie.
Les messages seront vôtres et dépourvus de toute rancœur,
Et les heureux lecteurs vous seront gré de votre courtoisie.

Soulevez le voile de vos rêves en toute quiétude,
En retournant dans l’insouciance de votre enfance,
En retrouvant ces gestes légers dont vous aviez l’habitude,
Afin de contrarier les aiguilles de la frénésie, de votre insolence.

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Alors, peut-être que votre idéalisme se réveillera,
En noyant les turpitudes du monde dans l’agilité de vos mains,
Pour façonner ce songe si longtemps endormi, qui cueillera
Dans votre mémoire les fleurs pour un enchanteur lendemain.

Libérez vous quelque peu de ces moments de solitude
En faisant un jardin d’immortelles compagnes colorées,
Même si vous auriez préféré de vos proches cette gratitude
Qui aurait pu les mener le long de vos nouvelles allées inexplorées.

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Suivre les saisons à votre rythme sera l’un de vos desseins
En rendant la nature complice de vos préférences.
Pourquoi ne pas imaginer d’autres courbes pour vos dessins,
Celles où les guirlandes vous feraient de si belles révérences !

Imaginez la musique de la bise venir titiller de ses notes légères
La fragilité des formes géométriques de ces intérimaires,
Ces silencieuses qui se balancent sur une clé imaginaire,
En égayant votre regard de leur agilité téméraire.

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 Le souvenir d’un bal, d’une rencontre, d’un amour
Retrouverait son souffle de vie entre des lames magiques,
D’un instrument qui serait le prestidigitateur d’un jour
Le prince de ces découpes si harmonieuses et féeriques.

La tendresse des mots, l’odeur d’un parfum, une présence
Tourbillonneraient sur les trois temps d’une danse
Où se fondraient dans l’osmose, liés d’une infime cohérence,
Juste pour raviver vos émotions et leurs nuances.

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Imaginez un étang, gardant vos souvenirs sur l’onde de sa surface,
Quelques fleurs en guise de nénuphars pour la gaieté,
Où le temps ne pourra les outrager d’une quelconque préface,
Car leurs pétales respecteront vos pensées en toute loyauté.

Sur la légèreté de la corolle de ces dames de beauté,
Viendront se loger les espoirs de la nouvelle année.
Que de belles prémonitions que vous n’effeuillerez pas,
Car les pétales arrachés ne seraient plus, par la vie, enrubannés.

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Pour agrémenter vos soirées de solitude, de tristesse,
Pensez à les adoucir du tamisé d’une lumière,
Dont le rayonnement respectera de sa délicatesse,
Ces petites ombres qui se gommeront peu à peu de leurs misères.

Quoi de plus doux, de plus poétique qu’une lueur,
Celle qui illumine l’espoir, l’affection, la générosité, l’humanité !
Et les laisser briller pour une vie qui se meurt,
Restera l’hommage qui supprimera toutes les rivalités.

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Le monde est si complexe, les cultures si diversifiées,
Que vous trouverez, sans nul doute, entre les nuances de leurs gammes,
Quelques couleurs pour symboliser et peut-être unifier
Par votre intelligence, l’harmonie d’insoupçonnables trames.

Quoi de plus enrichissant que la connaissance des coutumes,
A condition qu’elles respectent l’être humain,
Tout comme la spécificité des costumes,
A condition qu’elle ne ligote les âmes et les mains.

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Et pensez aussi à vous plonger dans ce monde d’artistes,
Sous les regards admiratifs de vos enfants,
Afin d’éveiller leurs émotions et qu’ils ne restent autistes
A subir les images fictives de leurs écrans.

Donner une vie à leurs rêves, créer leurs univers,
Laisser la liberté de leur imaginaire, sans danger,
Afin de réveiller leurs sens. Et même si l’ensemble est de travers,
Peu importe, ils s’amélioreront au fil des années

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Alors je vous offre ces décors de trèfle, symbole du bonheur,
Dont les feuilles d’espérance, d’amour, de partage et de chance
Aideront cette autre étoile, immaculée de sa blancheur
A illuminer ce monde de paix et y annihiler toute souffrance.

J’espère que vous trouverez, en cette nouvelle année,
Tout l’espoir, la quiétude, l’amour et la joie
Pour dénouer en douceur les fils de ces jours enrubannés
Sans nœud, sans qu’ils ne s’abîment de désarroi.

Bonne année 2017

Bloavez mad, yec’hed mat ha prosperite
(Bonne année, bonne santé et prospérité).

Ra ziwano gant pep deiz nevez un tammig barzhoniezh hag ur yoc’h a entan evit ma teuy da vat kement tra a vo boulchet ganeoc’h

Qu’à chaque aube nouvelle, naissent deux brins de poésie et beaucoup d’enthousiasme pour la réussite de tout ce que vous entreprendrez.

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Happy new year

Frohes neues Jahr

Gelukkig nieuwjaar

Feliz año nuevo

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J’ai choisi les images sur internet, et si elles sont copiées contrairement à votre souhait, je les enlèverais.



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