Sur une plage…

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SUR UNE PLAGE,

Sur cette plage, on aurait pu entendre les rires des enfants,
Mais la terreur de la guerre les a, à jamais, ensablés.
Des bateaux d’exilés, abandonnés au large des continents
Errent sur les mers en vue d’un ancrage de paix pour s’y amarrer.

Les passeurs de vies ont perdu tout honneur et toute dignité,
En les délestant sur d’inaptes bateaux de galères,
Car, complices de l’infâme sortilège et de sa malignité
Ils les ont jeté aux flots et à leurs colères.

La mer a porté un petit corps d’enfant sur cette plage,
Peut-être trop honteuse d’ensevelir l’innocence.
Elle a refusé la responsabilité de ce naufrage,
Pour montrer à l’humanité le reflet de sa conscience.

Ses parents voulaient le protéger et lui montrer un autre monde,
Mais son enfance noyée fut l’image d’une sordide réalité.
Sur lui, l’enfant de la plage, les pleurs des familles abondent,
Et les aberrations de cette guerre ont apostrophé le monde entier.

Certains ont choisi de marcher sur le chaotique des chemins,
Pour laisser derrière eux le grondement des armes.
Ils n’ont rien d’autre que leurs habits de pèlerins
Et cette volonté et ce courage, qui jamais ne se désarment.

On voit les peurs envahir certaines contrées sur leurs passages,
Des barbelés, des murs s’élèvent aux frontières pour les arrêter.
En d’autres endroits, ils trouvent un peu de répit, de repos,
Et attendent, comme réfugiés, le passeport de leur liberté.

Quelquefois, ils sont parqués, là, sur une virtuelle ligne d’éclusage,
Entassés entre les fils d’une clôture, comme des animaux,
Et par crainte d’être mordu, peut-être, par la détresse de leurs visages
On leur lance des croûtons de pain comme à des êtres anomaux.

Des dirigeants de pays en paix, ont enfin compris ce désarroi,
Qui conduit des peuples loin des piliers de leurs ancrages.
Petit Aylan, ta mort aura peut-être sauvé des gens de l’effroi,
Et ton image restera la lumière obscure de ces outrages.

FIN
Ecrit le 11 septembre 2015

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Pour toutes les familles qui subissent cette épreuve.

 

 

 

La photo d’Aylan Kurdi, cet enfant kurde retrouvé mort sur une plage turque le 2 septembre 2015 a ému le monde entier. Selon le Daily Mail,  Aylan et son grand frère ne sont pas la seule fratrie d’enfants à avoir perdu la vie au cours de la traversée. Zainb Ahmet-Hadi, 11 ans, et Haydern son jeune frère de 9 ans, font également partie des victimes de ce naufrage.

Plus de 7600 réfugiés sont arrivés en Macédoine ces dernières heures. Devant cet énorme afflux, Budapest s’est résolue à fermer sa frontière avec la Serbie. Trains surchargés et gares dépassées par l’exode ont donné lieu à des scènes choquantes notamment en Hongrie.  Tournées clandestinement dans la nuit du 9 au 10 septembre par une bénévole autrichienne présente au camp de Roszke en Hongrie, des images montrent l’inhumanité des policiers qui lancent du pain à une foule de réfugiés massés entre des grilles.



Croquis ensanglantés…

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Croquis ensanglantés…

Des vies furent lynchées par la barbarie,
Des familles furent amputées de leurs membres,
La liberté de leurs dessins a déchaîné la furie ;
Les mines de nos crayons, de révolte, alors se cabrent.

La haine obscure et sournoise a tué leurs dons libertaires
Mais cette racine n’a jamais, dans aucune religion, pris naissance.
Elle a trouvé son opiniâtreté dans la boue meurtrière
En s’engluant dans la viscosité de fanatiques mouvances.

Je n’ai pas toujours apprécié l’acidité de leurs messages,
Et j’aurais bien volontiers utilisé une autre planche à dessin.
Mais la colère, quand l’incompréhension nous dévisage,
Ne doit pas revêtir l’armure vengeresse d’un assassin.

Ces artistes n’ont pas mis de glaives dans les mines de leurs crayons.
Ils n’ont tué personne même s’ils s’amusaient quelquefois à nous outrager.
Mais les assassiner, c’est aussi tuer la liberté d’exprimer nos opinions,
Même s’ils n’ont pris garde qu’autour d’eux, existaient d’autres passagers.

Les traits de crayon peuvent être insultants pour toute personne,
S’ils forment des pleins et des déliés avec la haine comme phrasé.
Alors peut-être que, changer les traits d’un croquis, pour que le glas ne résonne,
Aurait apaisé les sensibilités, car, ailleurs, les armes ne cessent de s’embraser.

Fin
Poème écrit le 26 janvier 2015

Je suis pour la liberté d’expression mais je pense que l’on peut, aussi,
surtout en ces périodes où les fanatiques religieux prônent l’intolérance,
pouvoir aussi protéger les personnes qui vivent tout autour de nous
et qui ne font pas partie de l’équipe…



Une ronde autour du monde… Pour 2015 !

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Une ronde autour du monde… pour 2015

Faire une ronde, une simple ronde,
Se tenir les mains pour entourer ce monde,
N’est peut-être qu’une simple image utopique
Pour quelques pas d’une danse philanthropique !

Chaque peuple garderait ses couleurs musicales,
Pour que le calicot de leurs costumes devienne une percale.
En harmonisant nos pas de danse, main dans la main,
Faisons que cette farandole soit l’image de nos lendemains.

D’origine bretonne, l’An Dro pourrait être la naissance
De ce cercle imaginaire et de ces réjouissances.
Comme une réponse, le Cercle Circassien, en marche enlevée,
Arpenterait aussi l’Ecosse au son de ses cornemuses ravivées.

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 La gigue belge, en robe Champenoise ou Chapelloise,
Se pavanant déjà en Aleman’s Marsj, variante suédoise,
Se manifestant aussi sur des airs de gigue irlandaise,
Continuerait, dans le Gay Gordons, a modelé son identité écossaise.

Les Gilles de Binche agitant la renommée de leurs plumeaux,
Animeraient toujours la Belgique sur son traditionnel Rondeau,
Cette ancienne ronde chantée du Moyen-Âge en Gascogne,
Dans les Landes, en Gironde, et imitée en Lomagne.

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Et que dire de cette joyeuse et entraînante tarentelle,
Qui reflète tout le soleil du sud de l’Italie, même si cette rebelle,
N’a jamais terrassé la tarentule. Et non loin, la Farandole de Provence,
Frise décorative de danseurs, appellerait le soleil avec pertinence.

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Faire un serpentin ondoyant de danseurs est de Liège la coutume.
Ce Cramignon ondulerait sur des pétales de fleurs qui s’en accoutument.
Son ami Ländler, qui a déjà posé en Allemagne ses jalons sur la ronde
Etirerait encore ses cercles en Autriche, qui, en Suisse, déjà vagabondent.

Le Verbunk qui résonne de ses frappes sur ces bottes hongroises
Nous montrera comment gommer l’image d’une militaire toise,
Et jouera avec l’élégance et la douceur des Leanytanc de filles heureuses
Même si la Symphonie Héroïque l’emmène en une cavalcade fabuleuse.

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L’agilité des danseurs russes sur une simple Barynya fantaisiste,
Se mêlera encore aux rimes ironiques des humoristes.
La danse de Carélie conservera sa ressemblance avec celle de Finlande,
Et ces danses du Caucase y accrocheront toujours leurs guirlandes.

D’autres rondes parcourant la Serbie, Bosnie et Croatie
Comme le Kolo, que copie le Hora de Moldavie et de Roumanie,
Tourneraient toujours au son des violons, accordéons, flûtes de pan,
En de traditionnels cercles fraternels de paysans.

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Cet Hora qui sillonne aussi la Bulgarie, aux aspects dignes et nostalgiques
Resterait l’incontournable d’Israël aux sons euphoriques,
Afin d’encercler toute la joie d’un mariage dans sa ronde
Comme pour le préserver des vents de la fronde.

Selon la légende, la danse fut offerte par les dieux grecs aux mortels
Pour qu’ils honorent à chaque pas de leurs vies, ces immortels.
Mais Zorba a pu supplanté ce mythe en mixant le lent et le vif
Sur ce Sirtaki, qui encerclera encore ce monde, même furtif.

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Le poète italien Dante nous émerveilla de ses rimes sur la Carole,
Une chaîne dansante et chantant ses syllabes comme oboles.
Une des fées de l’Italie, étant peut-être la Saltarelle,
Aurait apporté quelque évolution à son aïeule la Tarentelle ?

Le Cobla continuerait à agrémenter l’insoumise Sardane
Cette festive rebelle dansée sur le parvis d’une cathédrale catalane,
Pour défier une main de fer qui l’exila aussi dans les Pyrénées,
Au contraire des cobles de la Garotxa, qui, en Vallespir, l’ont amenée.

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La moisson sous les sonorités d’un bendir serait le signal de l’Ahidous.
Cette ronde ondulante traversant l’Atlas, danseurs coude à coude,
Nous ferait partager le soleil du Maroc sous le levanter de ce détroit star,
Ou le vandavel, ces virevoltants souffles de Gibraltar.

Peut-être pourrions-nous comprendre le message de ces masques,
Ces miroirs de l’Afrique, qui en un Glo, Caillo et Gla, se démasquent,
Car ils sont les reflets des fêtes, de la spiritualité et du terrestre,
Le répétitif de la nature, la nuit, le jour, comme un perpétuel orchestre.

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Utilisant les mouvements improvisés de danses africaines,
Nous retrouverons cet ancêtre du Rock, en cette terre américaine,
Ce Lindy Hop, mélange de Charleston, qui restant solitaire,
Unira ses danseurs sur des lignes pourtant si solidaires.

Ce Charleston, né en Caroline du Sud, a su émigrer avec Joséphine,
Qui en jazz hot éblouira la France, et qui en deviendra sa dauphine.
Avant de dévier en Black Bottom, il croisera cette danse paysanne,
La Country Dance, en saluant l’origine de cette anglaise partisane.

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Les paysans irlandais n’auraient jamais imaginé, que seul le bruitage,
De leurs sabots frappant ces troncs de bois, résonnant autour des villages,
Tout comme le son des tam-tams, serait l’ancêtre des claquettes,
Quand leur pauvre terre malade les conduisit à la disette.

On pourra encore réfléchir à toutes ces inimaginables circonstances,
Au mélange des syncopes du Shuffle africain et de cette irlandaise souffrance.
Comment mixer les vies de terres si différentes et lointaines,
Pour enrichir de leurs diversités les danses de l’histoire américaine.

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Et toutes ces lignes de danseurs, sous l’influence d’un ancien mineur,
Animeront encore, en droites ou diagonales, les pas des danseurs,
Sur l’air et les paroles du Madison Time, ou le film West Side Story,
Même s’il ne reste que quelques mariages qui, encore, le colorient.

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Imaginons que tous ces cercles dansent en entourant ce monde,
Et que les parallèles, portées éventuelles de notes et de leurs ondes,
Seraient reliés par des passerelles d’harmonies diverses
Afin de pouvoir prendre l’un ou l’autre en traverse !

On pourrait alors se complaire devant le raffinement
De ces danses indiennes de l’Orissa, avec recueillement.
Les maquillages et costumes nous racontent de telles épopées
Que même les expressions du corps pourraient devenir mélopées.

Et ce Tango, héritier de la Milonga et de son âme mélancolique,
Restera cette pensée triste qui se danse, si belle et nostalgique.
Le bandonéon, déclinant toute sa virtuosité avec Astor Piazzolla
A d’ailleurs su faire souffler un peu du vent de la pampa.*

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J’ai pu lire au fil de mes recherches, que la conscience est l’âme de la danse,
Car elle exprime une idée pour suivre un chemin sans errance.
Toute danse qui est exécutée sous la contrainte n’en est plus une,
Car on ne peut la vivre, et la conscience peu devenir rancune.

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Je vous souhaite de belles rondes pour 2015 !!!!!!!!

Happy New Year,
ein gutes neues Jahr
feliz año nuevo
felice anno nuovo

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Bonne Année,

Poème écrit le 31.12.2014

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* Ces paroles auraient été dites par Le Pape François lors de son anniversaire et d’une démonstration de danseurs dansant le tango sur la place St Pierre.  Cela m’a aidé pour la rime…. Ce n’est pas une rime riche, ni une rime pauvre… Mais une rime de paix !



Merci à tous et toutes…

 

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Un cadeau  que je ne peux ne pas mettre   !

 

Les fêtes…

Sainte Emilie de Rodat :
Née en 1787 à Druelle (Aveyron), elle fonda la congrégation de la « Sainte Famille » et mourut le 19 septembre 1852 à Villefranche de Rouergue.
Ainsi que les :
St Constance, St Janvier, St Seine
St Arnoux de Vendôme

Et encore…

- 1551 : naissance de Henri III roi de France.
(mort le 2 août 1589).

- 1783 : Départ du premier vol aérien habité à bord d’un montgolfière, ballon à air chaud inventé par les frères Montgolfier.

- 1846 : Apparition de la Vierge Marie à Notre Dame de la Salette (Isère).

- 1852 : naissance de Pierre Jean Octave Callandreau à Angoulême, astronome français.
(mort le 13 février 1904).

- 1911 : naissance de William Golding, écrivain anglais. « Sa majesté des mouches » en 1954.
(mort le 19 juin 1993).

- 1922 : naissance de Emil Zatopek, ancien coureur de fond, champion olympique, 18 records du monde.
(mort le 22 novembre 2000).

- 1930 : naissance de Antonio Margheriti, dit Anthony M. Dawson à Rome (Italie), réalisateur de cinéma italien. « La sorcière sanglante » en 1964 – « Avec Django, la mort est là » en 1968 – « Yor, le chasseur du futur » en 1983…
(mort le 4 novembre 2002) à Monterosi (Italie).

- 1931 : naissance de Claude de Burine à Saint-Léger-des-Vignes (Nièvre), poétesse française. « Lettres à l’enfance », « Le passeur », « Le pilleur d’étoiles », « Les médiateurs », « Cette auberge des pauvres »..
(morte le 24 juillet 2005).

- 1931 : naissance de Jacques Calvet, PDG de PSA Peugeot Citroën de 1983 à 1997.

- 1932 : naissance de Alain Gliksman, navigateur et écrivain.

- 1933 : naissance de David McCallum à Glasgow (Ecosses), acteur et musicien britannique. « La grande évasion » en 1963… Série télévisée : le médecin légiste dans « NCIS Enquêtes spéciales ».

- 1948 : naissance de Jeremy Irons à Cowes (Angleterre), acteur britannique. « La maîtresse du lieutenant français » en 1981 – « Mission » en 1986 – « Une journée en enfer » en 1995. Séries « Elizabeth ! » en 2005 – « The Borgias » en 2011..

- 1950 : naissance de Sayoko Yamaguchi, mannequin et actrice japonaise.
(morte le 14 août 2007).

- 1951 : naissance de Marie Anne Chazel à Gap (Hautes-Alpes), actrice, réalisatrice et scénariste française « Le père noël est une ordure »..

- 1962 : naissance de Bruno Todeschini à Neuchâtel acteur suisse films 1991 « La Sentinelle » d’Arnaud Desplechin – 2002 « Son frère » de Patrice Chéreau – 2004 « Un coule parfait » de Nobuhiro Suwa – 2009 « Lourdes » de Jessica Hausner.

- 1963 : naissance de Alessandra Martines à Rome (Italie) actrice et danseuse franco-italienne, ancienne épouse de Claude Lelouch.

- 1965 : naissance de Sabine Paturel à Toulon (Var), chanteuse et actrice française.

- 1972 : naissance de Ulrich Ramé à Nantes (Loire Atlantique), ancien footballeur international français. Champion d’Europe des Nations en 2000.

- 1979 : naissance de Noemie Lenoir à Versailles (Yvelines), actrice et mannequin française.

- 1991 : Découverte dans un glacier des Alpes d’un corps vieux de plus de 5 000 ans « Otzi » il mesure 1,50 mètre, recouvert de peau avec son arc et ses flèches.

-  1996 : Début en France de la visite du pape Jean-Paul II

 

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« La Passion du Christ » … du film… vers mes émotions…

Je n’ai pas cherché à raconter le film  » La Passion du Christ » de Mel Gibson.
J’ai juste essayé de mettre des mots sur mes émotions quand j’ai pu, enfin, regarder ce film dans son intégralité après avoir vu les making of.
http://cicise.unblog.fr/category/musique-des-mots-de-lame/

C’est aussi consciemment que je n’ai pas parlé des paroles du Christ dans ce film, car la Bible le fait mieux que moi.

J’ai voulu écrire ce poème en mémoire à ma grand-mère, qui avait une foi incommensurable envers la Vierge Marie, et qui fut et est encore, toujours là pour moi en me laissant cette petite flamme dans mon cœur. Elle m’a emmenée voir Ben hur, mon premier film, en prenant soin de me cacher les yeux de temps à autre, pour ne pas effrayer le regard de mes 6 ans !
Je suis convaincue qu’elle aurait aimé l’actrice Maia Morgenstern dans ce rôle de Marie, autant que l’acteur Jim Caviezel dans celui de Jésus.
L’interprétation de chacune de ces personnes est vraiment un émerveillement de sincérité et de justesse.
Ce que j’ai surtout aimé, dans ce film, ce sont ces regards entre Marie et Jésus, entre une mère et son enfant. Ils étaient tellement emplis d’amour, de compassion, que rien ne pouvait les ternir, ni même la douleur, ni même la peur.

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Du film… vers mes émotions, selon mon ressenti…

 Dans cette pénombre, votre solitude crie sa détresse,
Sur ce Mont des Oliviers, votre âme tremble d’une peureuse faiblesse.
Même Pierre n’a pu veiller à vos côtés une seule heure,
Et, comme abandonné, votre errance se couvre de pleurs.

Cette crainte et sa souffrance, qui, ce soir, vous harcèlent,
Se devinent plus inquiétantes dans le sombre du ciel,
Sous cette lune qui se couvre et se découvre de ces nuages,
Comme s’ils étaient des messagers portant les suprêmes présages.

Cet astre de la nuit Vous angoisse même sous sa faible lueur.
Vous entendez peut-être les échos de la noirceur
Qui retentissent sur le sol, suite à la trahison de Judas,
Et qui résonnent, pour lui, comme son inéluctable trépas.

Sous cette lugubre étreinte qui Vous étouffe de sa torpeur,
Comme si elle couvrait vos épaules d’un manteau de peur,
Vous Vous agenouillez en larmes, regardant le ciel,
Comme figé sur ce chemin qui s’ouvre à Vous sur l’Éternel.

Satan Vous assaille de ses suggestions douteuses, perfidement,
Avec toute sa mesquinerie qui semble être attisée par la course du vent,
Pour que s’éveille en Vous le doute, afin de Vous isoler davantage,
Mais votre cœur, tourné vers votre Père, écrasera son outrage.

Entre les flammes des torches, votre destinée se dessine,
Et les épées de vos amis ne doivent pas devenir divines.
Ces chaînes qui Vous encerclent de leurs maillons de haine
Réveillent même la sensibilité de votre Mère d’une manière soudaine.

Elle ressent à travers son corps ces fers qui Vous agressent.
Elle entend les injures mais n’a pas vu ce regard de détresse,
Celui de Pierre, celui que Vous regardez avec compassion
Sans même une brume de colère, car le pardon est dans votre Passion.

Malgré le repenti de Judas qui sombre dans la folie,
Dans ce cachot, Vous arrivez à surprendre un souffle de vie,
Celui de votre Mère, qui a déposé sur les pavés tout son amour,
Qui se faufile entre les pierres pour Vous apporter son secours.

Enchaîné dans la torture de ces liens, blessant vos mains,
Votre regard est attiré par les cris de cet aigle, en ce matin.
Est-ce seulement sa liberté qui apaise la fatigue de votre visage,
Où un signe de votre Père, ou simplement la nature si sage ?

Sous la cadence des fouets, sifflant comme des serpents,
Imprégnés à outrance de haine et de moqueries, impunément,
Vos bourreaux flagellent avec hargne votre humaine nudité.
Votre cœur accepte et les pardonne, même sous cette dignité écorchée.

D’autres lanières crochetées de leur sauvagerie Vous défigurent,
Vous lacèrent sans répit, ne faisant de vous qu’une plaie de blessures.
A genoux, les mains tremblantes, les yeux plein de sang,
Sans une plainte, Vous semblez prier de par ces faibles gémissements.

Seul le regard de votre Mère Vous panse de ses larmes,
Accompagnée de Jean, elle Vous offre le courage de son âme.
Avec Marie Madeleine, elle essuie le sang de son enfant,
Comme pour ne pas entacher sa pureté des infamants.

Couronné d’épines ensanglantées, Vous embrassez votre croix.
Les insultes, les crachats de la foule, de leur fougue Vous foudroient.
Mais votre âme est au service de votre Père,
Et Vous Vous y accrochez comme à une aide à laquelle on obtempère.

Les marches se font cruelles sur ce périlleux parcours.
Les jets de pierre accompagnent les coups, encore et toujours.
Non loin de Vous, votre Mère les ressent aussi,
Comme une aumône à votre peine, ses larmes s’y brisent aussi .

Vous agrippant à cette croix comme à votre dernière branche de vie,
Vos forces Vous abandonnent souvent, comme asservies.
Votre extrême douleur Vous cloue au sol comme un sacrilège.
Un homme est désigné pour combattre, avec Vous, ce sortilège.

Même si rien ne l’encourage à Vous aider, il domine sa peur,
Comme cette femme essuyant votre visage avec la soie de son cœur.
Hors de la ville, armé de son courage, il ne Vous lâchera jamais la main
Et vos regards s’allieront, en respectant de chacun le chemin.

Enfin au sommet de ce mont, comme libéré d’un cruel poids,
Votre comparse vous épargne en jetant de côté cette croix,
Celle vers laquelle Vous rampez pour que votre mort soit obvie,
En regardez ces clous qui s’enfoncent dans votre vie.

Là encore, Vous n’avez de soutien que votre Mère, Jean et Marie Madeleine.
De leurs présences, Vous puisez tout l’amour qu’ils détiennent.
Vous savez qu’ils ne pourront pas aller là où Vous allez.
D’ailleurs, cette dernière plaie faite par une lance Vous a déjà libéré.

Durant toutes ces étapes de votre Passion,
De belles images ont adouci vos souffrances d’émotion :
Lavements de pieds, lapidation refoulée, et votre enfance
Protégée par votre Mère, dont la vie ne fut qu’offrande.

Devant cette plus honteuse torture, comme un outrage,
Le ciel devient colère, le vent annonce l’offensive de l’orage.
Dans la ville, la terre tremble, le temple devient ruine.
Les prêtres, les ingrats, les mécréants dans leur peur se confinent.

Dans cette grotte mystérieuse, seul votre linceul gît,
Comme s’il Vous avait libéré de toutes ces infamies.
Vous avez trouvé l’éternité au bout de cette vivante passerelle,
Qui dessine sur votre visage une clarté éternelle.

Fin

Poème écrit les 19 et 20 juin 2014-06-29
Et terminé le 29 juin 2014.

Gwell eo dougen ar groaz eget he ruza 

proverbe breton

Mieux vaut portez sa croix que la trainer

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