Sa première,

sa première

Sa première,

Du fond de la salle, arrive l’artiste,
Auréolé dans cette chemise crème,
Habillé de noir, ce très jeune pianiste,
Avance sur la scène, confiant, mais blême.
Par ces mèches brunes retombant sur son front,
Il protège son regard de la lumière.
Et les applaudissements que nous lui offrons,
N’apaisent pas l’angoisse de la Première.

Et son corps tremble des frissons de l’extase,
Ses mains trahissent cette peur qui l’envahit.
De cette voix qui enjolive les phrases,
Il remercie ce public, un peu ébahi.
Il se dirige vers ce piano, cet ami,
Ce confident aux notes blanches et noires,
Qui a transcrit ses cauchemars en euphonie,
Par l’harmonie des gammes de sa mémoire.

Il gomme le sourire de son visage.
Nerveux, il craque ses doigts, réchauffe ses mains.
Les premiers accords dévoilent le paysage,
Pour ce public d’élites, ce cercle humain.
Il fait vibrer les notes d’une mélodie.
En une farandole, les sons s’enlacent.
Il chante cette musique, sans parodie,
Et les syllabes de ces vers s’entrelacent.

Et il fait danser toutes les clefs du solfège !
Le zéphyr envahit l’espace mythique !
La valse des paroles, quel florilège !
Et cette vibration des cordes magiques !
Les poèmes qui s’envolent de ces portées,
Offrent par magie de sublimes ballades,
Que cet artiste nous livre d’une voix dorée.
Il libère son cœur qui bat la chamade !

Tous les invités, les amis, tous se lèvent,
Émerveillés par le chant de ce pianiste,
Ils l’ovationnent à l’unisson, sans trêve,
Pour remercier de ce spectacle, l’artiste !
Très ému, des larmes miroitent dans ses yeux.
Un sourire illumine son visage,
Il salue, remercie, et regardant les cieux,
Offre aux anges cette douce image !
Fin

Poème, écrit le 2 août 2004,



Le piano magique,

le piano magique

Le piano magique,

Toi, réconfort de mes solitudes d’enfant,
Rempart qui de mes peines fut le paravent,
Tu m’as dévoilé la douceur de tes cordes.
Tous tes feutres ont adouci les discordes,
Quand mes mains inhabiles frappaient ton clavier,
Et que ma voix, timide, tentait de solfier.

Mais, toujours fier dans ta carapace de bois,
Tu as supporté les désaccords de mes doigts,
Les saccades des gammes d’un novice.
Protégé par ton armure si propice,
Ta musique fut celle de tous mes loisirs.
J’aime aussi le silence de tes soupirs.

Répétant sans cesse les mêmes mélodies,
Comme une prière de morceaux choisis,
Tu as dompté et adouci mes mouvements.
Tu as découvert mon premier balbutiement,
Ce mélange de noires, blanches et rondes,
Qui entremêlent leurs couleurs et leurs ondes.

Quand la rage de mon cœur devient fournaise,
Oubliant les bémols, ravivant les dièses,
Pour que ces angoisses, ces blessures cachées,
Comme des vagues déferlant sur les rochers
Qui, transformant leur écume en dentelle,
Je la transcris sur tes touches, pêle-mêle.

Quand le soleil revient et apaise mon cœur,
Je laisse mes mains te parcourir de bonheur,
Et sur ce clavier, comme bercées par la mer,
Elles jouent sur mes joies, mêmes éphémères,
Une mazurka ou de douces ballades,
Tellement comblées par cette promenade.

Ton âme de musicien m’attendrit toujours.
Ensemble, nous avons vécu un long parcours.
Unis maintenant sur ce même diapason,
Laisse-moi encore y bercer mes chansons.
Comme amoureux de la même musique,
Reste mon ami, ce seul piano magique !

Fin

Poème dédié à un pianiste…

Ecrit le 10.8.2004,



Carrousel magique,

carrousel magique

Carrousel magique,

Tourne, tourne manège, tourne carrousel,
Fais danser les enfants sur tes chevaux de bois,
Fais les s’envoler, voltiger sur tes ailes,
Pour qu’ils admirent les étoiles de ton toit.
Sur l’orgue de Barbarie, les musiques
Endorment leurs peurs, leurs craintes, les rassurent.
Au rythme d’une chevauchée fantastique,
Ils inventent une histoire d’aventures.

Leurs regards éblouis, émerveillés, ravis,
Scintillent de ces petites flammes dorées.
Du rêve plein les yeux, étonnés, ébahis,
Ils suivent le vol de cet oiseau endiablé.
Leurs mains, tendues vers cette boule de laine
S’agitent, et leurs doigts s’agrippent au trophée.
Fiers, ils crient, ils rient à en perdre haleine ;
Ce pompon, c’est la clé de leur comte de fée.

Et ces deux amoureux, sur tes chevaux de bois,
Bercent leur romance sur l’air de tes rondes.
Des mots d’amour répétés, une, deux, trois fois,
Les rapprochent et les isolent du monde.
Leurs regards sont doux, ils promettent de s’aimer,
Ils s’enlacent sur ces airs de ritournelles,
Et un cœur sera l’emblème de leurs baisers.
Tourne, tourne manège, magique carrousel…

Fin

Ecrit le 21 novembre 2004

 



Au fil de l’eau,

au fil de  l'eau

Au fil de l’eau,

Un timide filet jaillit de la terre,
A l’ombre d’une grotte, il se vivifie,
Il cherche son chemin, et s’offre à la vie.
Tumultueux, il surgit entre les pierres,

Ou il se faufile, s’amuse tranquillement
A l’ombre des arbres recouverts de mousse,
Et, baignant leurs pieds d’une eau claire et douce
Il serpente les vertes plaines et les champs.

Et le ciel le baigne de ses larmes de pluie
Et le soleil le réchauffe de son orgueil.
Il erre, ondule, contournant les écueils.
L’orage y laisse ses colères, et fuit.

On l’entoure de grisaille pour l’assagir,
Ou on le laisse nous sculpter ses méandres.
Le piège d’un barrage peut le surprendre,
Et il rassemble ses forces pour le bannir.

Il berce son courant de tous ses espoirs,
Il baigne d’autres eaux de sa luminosité,
Ou, solitaire dans ses sinuosités,
Il avance quand même, plein de désespoir.

Au regard des voiles qui ont longé sa vie,
Dans un delta, un golfe, un estuaire,
Fatigué de sa course, il se libère.
Au fil de l’eau, s’écoule le fil de la vie.

Fin

Ecrit le 17 novembre 2004



Boule de neige,

bonhomme de neige
Boule de neige,

Petite boule de neige, roule, roule,
Sous les mains gelées des enfants, roule, boule.
Ils tapent, tassent, te façonnent bonhomme,
Pour que ton corps tienne, droit, comme un homme.
Ils forment une autre boule, la tapotent,
La durcissent dans leurs petites menottes.
Ils dansent autour de toi, heureux manège,
  Étant très fiers de leur bonhomme de neige.

Mais tu as froid en habit blanc, tu grelottes,
Ils fouillent les greniers, joyeuses cohortes,
Pour dénicher un chapeau et un cache-nez,
Une chose rouge pour le bout de ton nez,
De petits boutons pour dessiner tes yeux clairs,
Ou plus gros pour ton manteau imaginaire.
Ils te donnent une canne pour te reposer,
Et la pipe du pépé pour te réchauffer.

Les joues rosacées par le vent vif et le froid,
Ils t’admirent. Et toi, calme, sans nul effroi,
Tu deviens arbitre quand ils se chamaillent,
Tu t’amuses de leurs ruses, leurs batailles.
Ils se bombardent de neige, de ses flocons
Qui voltigent dans l’air comme des ballons.
Et quand ta blancheur se dissimule dans le noir,
Tu leur dis « Bonne nuit, mais revenez me voir » !

FIN

Ecrit le 3 décembre 2004



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