Statue d’un fusillé ( Creney-près-Troyes),

creney03bLe monument des fusillés-exécutés de Creney-près-Troyes

Statue d’un fusillé ( Creney-près-Troyes )

La tête penchée sur son épaule, agenouillé,
Les poignets encore attachés à sa potence,
Cet homme semble regarder son sang souiller
La terre, du rouge de la guerre, en pénitence.

Quand je regarde cette statue si saisissante,
Criant son innocence dans le blanc de sa pierre,
Je ne peux réprimer en mon cœur la musique incessante
Des mots qui se révoltent en moi pour combattre la guerre.

Avec humilité, je regarde ce visage tourné vers le sol,
Ce regard qui fut lumineux avant de s’endormir dans l’éternité.
A qui, à quoi à penser cet homme, juste avant que sa vie ne s’envole ?
Il parait qu’elle défile comme un diaporama avant de perdre sa luminosité.

Quelles furent ses dernières images, ses ultimes émotions ?
Fallait-il les effacer de sa mémoire ou les laisser s’effilocher ?
Il n’a pas voulu que ses larmes les brouillent avant son exécution,
Mais son âme a dû pleurer sur ce petit bonheur, ce dernier rocher.

Vers qui ce sont tournés ses regrets, ses dernières espérances ?
A-il assumé ses moments de rébellion, pensé à ses camarades ?
A-t-il revu sa famille, entendu les rires de son enfance ?
A-t-il pensé à la mort, au vide qui l’entoure, ou à une autre parade ?

Sa fierté, son devoir furent ses bâtons de courage.
Il a trouvé la force de rester droit et peut-être de s’en remettre à Dieu.
Il n’a plus ressenti la douleur qui entaillait ses genoux avec outrage,
Et la dureté des liens qui emprisonnaient ses mains sur ce pieu.

La fatigue l’a surpris sournoisement, il s’est senti en souffrance …
Sa conscience l’a asséné d’images ; il va mourir sous les balles ennemies.
Il ne peut plus penser à l’avenir, ce n’est plus un mot de circonstance,
Ne lui reste que la couleur de ses souvenirs, ultimes et derniers amis.

Fin

Poème écrit le 3 novembre 2019.

 

http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/lieux/2GM_CA/monuments/creney_fusilles.html



Sa première,

sa première

Sa première,

Du fond de la salle, arrive l’artiste,
Auréolé dans cette chemise crème,
Habillé de noir, ce très jeune pianiste,
Avance sur la scène, confiant, mais blême.
Par ces mèches brunes retombant sur son front,
Il protège son regard de la lumière.
Et les applaudissements que nous lui offrons,
N’apaisent pas l’angoisse de la Première.

Et son corps tremble des frissons de l’extase,
Ses mains trahissent cette peur qui l’envahit.
De cette voix qui enjolive les phrases,
Il remercie ce public, un peu ébahi.
Il se dirige vers ce piano, cet ami,
Ce confident aux notes blanches et noires,
Qui a transcrit ses cauchemars en euphonie,
Par l’harmonie des gammes de sa mémoire.

Il gomme le sourire de son visage.
Nerveux, il craque ses doigts, réchauffe ses mains.
Les premiers accords dévoilent le paysage,
Pour ce public d’élites, ce cercle humain.
Il fait vibrer les notes d’une mélodie.
En une farandole, les sons s’enlacent.
Il chante cette musique, sans parodie,
Et les syllabes de ces vers s’entrelacent.

Et il fait danser toutes les clefs du solfège !
Le zéphyr envahit l’espace mythique !
La valse des paroles, quel florilège !
Et cette vibration des cordes magiques !
Les poèmes qui s’envolent de ces portées,
Offrent par magie de sublimes ballades,
Que cet artiste nous livre d’une voix dorée.
Il libère son cœur qui bat la chamade !

Tous les invités, les amis, tous se lèvent,
Émerveillés par le chant de ce pianiste,
Ils l’ovationnent à l’unisson, sans trêve,
Pour remercier de ce spectacle, l’artiste !
Très ému, des larmes miroitent dans ses yeux.
Un sourire illumine son visage,
Il salue, remercie, et regardant les cieux,
Offre aux anges cette douce image !
Fin

Poème, écrit le 2 août 2004,



Le piano magique,

le piano magique

Le piano magique,

Toi, réconfort de mes solitudes d’enfant,
Rempart qui de mes peines fut le paravent,
Tu m’as dévoilé la douceur de tes cordes.
Tous tes feutres ont adouci les discordes,
Quand mes mains inhabiles frappaient ton clavier,
Et que ma voix, timide, tentait de solfier.

Mais, toujours fier dans ta carapace de bois,
Tu as supporté les désaccords de mes doigts,
Les saccades des gammes d’un novice.
Protégé par ton armure si propice,
Ta musique fut celle de tous mes loisirs.
J’aime aussi le silence de tes soupirs.

Répétant sans cesse les mêmes mélodies,
Comme une prière de morceaux choisis,
Tu as dompté et adouci mes mouvements.
Tu as découvert mon premier balbutiement,
Ce mélange de noires, blanches et rondes,
Qui entremêlent leurs couleurs et leurs ondes.

Quand la rage de mon cœur devient fournaise,
Oubliant les bémols, ravivant les dièses,
Pour que ces angoisses, ces blessures cachées,
Comme des vagues déferlant sur les rochers
Qui, transformant leur écume en dentelle,
Je la transcris sur tes touches, pêle-mêle.

Quand le soleil revient et apaise mon cœur,
Je laisse mes mains te parcourir de bonheur,
Et sur ce clavier, comme bercées par la mer,
Elles jouent sur mes joies, mêmes éphémères,
Une mazurka ou de douces ballades,
Tellement comblées par cette promenade.

Ton âme de musicien m’attendrit toujours.
Ensemble, nous avons vécu un long parcours.
Unis maintenant sur ce même diapason,
Laisse-moi encore y bercer mes chansons.
Comme amoureux de la même musique,
Reste mon ami, ce seul piano magique !

Fin

Poème dédié à un pianiste…

Ecrit le 10.8.2004,



Carrousel magique,

carrousel magique

Carrousel magique,

Tourne, tourne manège, tourne carrousel,
Fais danser les enfants sur tes chevaux de bois,
Fais les s’envoler, voltiger sur tes ailes,
Pour qu’ils admirent les étoiles de ton toit.
Sur l’orgue de Barbarie, les musiques
Endorment leurs peurs, leurs craintes, les rassurent.
Au rythme d’une chevauchée fantastique,
Ils inventent une histoire d’aventures.

Leurs regards éblouis, émerveillés, ravis,
Scintillent de ces petites flammes dorées.
Du rêve plein les yeux, étonnés, ébahis,
Ils suivent le vol de cet oiseau endiablé.
Leurs mains, tendues vers cette boule de laine
S’agitent, et leurs doigts s’agrippent au trophée.
Fiers, ils crient, ils rient à en perdre haleine ;
Ce pompon, c’est la clé de leur comte de fée.

Et ces deux amoureux, sur tes chevaux de bois,
Bercent leur romance sur l’air de tes rondes.
Des mots d’amour répétés, une, deux, trois fois,
Les rapprochent et les isolent du monde.
Leurs regards sont doux, ils promettent de s’aimer,
Ils s’enlacent sur ces airs de ritournelles,
Et un cœur sera l’emblème de leurs baisers.
Tourne, tourne manège, magique carrousel…

Fin

Ecrit le 21 novembre 2004

 



Au fil de l’eau,

au fil de  l'eau

Au fil de l’eau,

Un timide filet jaillit de la terre,
A l’ombre d’une grotte, il se vivifie,
Il cherche son chemin, et s’offre à la vie.
Tumultueux, il surgit entre les pierres,

Ou il se faufile, s’amuse tranquillement
A l’ombre des arbres recouverts de mousse,
Et, baignant leurs pieds d’une eau claire et douce
Il serpente les vertes plaines et les champs.

Et le ciel le baigne de ses larmes de pluie
Et le soleil le réchauffe de son orgueil.
Il erre, ondule, contournant les écueils.
L’orage y laisse ses colères, et fuit.

On l’entoure de grisaille pour l’assagir,
Ou on le laisse nous sculpter ses méandres.
Le piège d’un barrage peut le surprendre,
Et il rassemble ses forces pour le bannir.

Il berce son courant de tous ses espoirs,
Il baigne d’autres eaux de sa luminosité,
Ou, solitaire dans ses sinuosités,
Il avance quand même, plein de désespoir.

Au regard des voiles qui ont longé sa vie,
Dans un delta, un golfe, un estuaire,
Fatigué de sa course, il se libère.
Au fil de l’eau, s’écoule le fil de la vie.

Fin

Ecrit le 17 novembre 2004



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