Sur des chemins crayeux,

Au fond, c’est Vailly…

 

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Sur des chemins crayeux …

Laisser nos empreintes sur la blancheur de ces chemins,
Qui gardent encore, incrustées dans la craie, les traces anciennes
Des pas de colporteurs, de voyageurs et peut-être de Romains,
Révéla en nous cette envie de découvrir d’autres paysages aussi pérennes.

Sacs au dos, chaussures appropriées, chapeaux de randonnée,
Nous préparons chaque promenade comme une expédition.
Cependant, nous avons plus souvent suivi notre intuition innée,
Pour savourer l’extrême liberté de laisser voguer notre imagination.

J’apprécie la connaissance de ma coéquipière sur les cultures,
Ces champs que nous laissons sagement au bord de nos chemins.
Chaque arbre, chaque fleur, chaque insecte de cette nature,
Attire notre regard, aiguise notre curiosité, et plus rien ne parait anodin.

On se fixe souvent un objectif lointain, un bois, une tour, une colline…
Très motivées, nous y allons sans aucune appréhension sur la durée !
Tout semble si près, à vol d’oiseau, et avec discipline,
Nos pas s’enchaînent, un à un, imperturbables et déterminés.

Les odeurs nous enveloppent dans de doux et d’invisibles voiles,
Comme si elles voulaient nous protéger de l’arrogance du soleil.
Avant d’aborder un nouveau sentier et d’en découvrir la toile,
On dépose nos sacs pour se désaltérer, ébahies par l’envol d’une corneille.

D’autres oiseaux s’enfuient également au bruit de nos pas !
Comment rester insensible au plumage et au vol des perdrix grises,
Camouflées dans les hautes tiges de blé, d’orge, craignant leurs trépas !
Elles s’élèvent très vite vers le ciel comme pour se moquer de notre surprise !

De nombreuses fleurs des champs se balancent nonchalamment,
Laissant au vent le soin de les distraire en caressant leurs corolles.
Les bleuets, si discrets en tentant de narguer le ciel inconsciemment
Atténuent l’arrogance des coquelicots et la passion de leurs auréoles.

Notre curiosité nous amène à cueillir des espèces inconnues,
Des cytises, fleurs de pavot, et autres herbes discrètes,
Dans le but d’en rechercher les origines encore méconnues
Et d’argumenter nos découvertes afin de les transmettre.

Nous aiguisons nos palais par certaines surprises culinaires
Mais sans oublier d’en mémoriser les cachettes par certains repères :
Des mûres s’accrochant à leurs ronces, des cerises ordinaires,
D’autres plus aigres, des pommes diverses et des noix encore amères.

Alors, naturellement, nous ne sommes pas de muettes figurines
Qui se déplacent silencieusement sur ces chemins de campagne.
Nous savons nous amuser et notre humeur, loin d’être chagrine,
Se manifeste pas des rires fusionnels sur ces chemins de Champagne.

Souvent, dès notre retour, nos amis nous dévisagent…
Mais d’où viennent-elles pour avoir tant de gaieté ?
Avec malice, nous ouvrons nos sacs, libérons nos otages,
Qui étonnent et attisent leurs paroles autour d’une boisson bien méritée !

FIN

Poème dédié à Laurence G,

Écrit le 30 octobre 2020



Statue d’un fusillé ( Creney-près-Troyes),

creney03bLe monument des fusillés-exécutés de Creney-près-Troyes

Statue d’un fusillé ( Creney-près-Troyes )

La tête penchée sur son épaule, agenouillé,
Les poignets encore attachés à sa potence,
Cet homme semble regarder son sang souiller
La terre, du rouge de la guerre, en pénitence.

Quand je regarde cette statue si saisissante,
Criant son innocence dans le blanc de sa pierre,
Je ne peux réprimer en mon cœur la musique incessante
Des mots qui se révoltent en moi pour combattre la guerre.

Avec humilité, je regarde ce visage tourné vers le sol,
Ce regard qui fut lumineux avant de s’endormir dans l’éternité.
A qui, à quoi à penser cet homme, juste avant que sa vie ne s’envole ?
Il parait qu’elle défile comme un diaporama avant de perdre sa luminosité.

Quelles furent ses dernières images, ses ultimes émotions ?
Fallait-il les effacer de sa mémoire ou les laisser s’effilocher ?
Il n’a pas voulu que ses larmes les brouillent avant son exécution,
Mais son âme a dû pleurer sur ce petit bonheur, ce dernier rocher.

Vers qui ce sont tournés ses regrets, ses dernières espérances ?
A-il assumé ses moments de rébellion, pensé à ses camarades ?
A-t-il revu sa famille, entendu les rires de son enfance ?
A-t-il pensé à la mort, au vide qui l’entoure, ou à une autre parade ?

Sa fierté, son devoir furent ses bâtons de courage.
Il a trouvé la force de rester droit et peut-être de s’en remettre à Dieu.
Il n’a plus ressenti la douleur qui entaillait ses genoux avec outrage,
Et la dureté des liens qui emprisonnaient ses mains sur ce pieu.

La fatigue l’a surpris sournoisement, il s’est senti en souffrance …
Sa conscience l’a asséné d’images ; il va mourir sous les balles ennemies.
Il ne peut plus penser à l’avenir, ce n’est plus un mot de circonstance,
Ne lui reste que la couleur de ses souvenirs, ultimes et derniers amis.

Fin

Poème écrit le 3 novembre 2019.

 

http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/lieux/2GM_CA/monuments/creney_fusilles.html



Sa première,

sa première

Sa première,

Du fond de la salle, arrive l’artiste,
Auréolé dans cette chemise crème,
Habillé de noir, ce très jeune pianiste,
Avance sur la scène, confiant, mais blême.
Par ces mèches brunes retombant sur son front,
Il protège son regard de la lumière.
Et les applaudissements que nous lui offrons,
N’apaisent pas l’angoisse de la Première.

Et son corps tremble des frissons de l’extase,
Ses mains trahissent cette peur qui l’envahit.
De cette voix qui enjolive les phrases,
Il remercie ce public, un peu ébahi.
Il se dirige vers ce piano, cet ami,
Ce confident aux notes blanches et noires,
Qui a transcrit ses cauchemars en euphonie,
Par l’harmonie des gammes de sa mémoire.

Il gomme le sourire de son visage.
Nerveux, il craque ses doigts, réchauffe ses mains.
Les premiers accords dévoilent le paysage,
Pour ce public d’élites, ce cercle humain.
Il fait vibrer les notes d’une mélodie.
En une farandole, les sons s’enlacent.
Il chante cette musique, sans parodie,
Et les syllabes de ces vers s’entrelacent.

Et il fait danser toutes les clefs du solfège !
Le zéphyr envahit l’espace mythique !
La valse des paroles, quel florilège !
Et cette vibration des cordes magiques !
Les poèmes qui s’envolent de ces portées,
Offrent par magie de sublimes ballades,
Que cet artiste nous livre d’une voix dorée.
Il libère son cœur qui bat la chamade !

Tous les invités, les amis, tous se lèvent,
Émerveillés par le chant de ce pianiste,
Ils l’ovationnent à l’unisson, sans trêve,
Pour remercier de ce spectacle, l’artiste !
Très ému, des larmes miroitent dans ses yeux.
Un sourire illumine son visage,
Il salue, remercie, et regardant les cieux,
Offre aux anges cette douce image !
Fin

Poème, écrit le 2 août 2004,



Le piano magique,

le piano magique

Le piano magique,

Toi, réconfort de mes solitudes d’enfant,
Rempart qui de mes peines fut le paravent,
Tu m’as dévoilé la douceur de tes cordes.
Tous tes feutres ont adouci les discordes,
Quand mes mains inhabiles frappaient ton clavier,
Et que ma voix, timide, tentait de solfier.

Mais, toujours fier dans ta carapace de bois,
Tu as supporté les désaccords de mes doigts,
Les saccades des gammes d’un novice.
Protégé par ton armure si propice,
Ta musique fut celle de tous mes loisirs.
J’aime aussi le silence de tes soupirs.

Répétant sans cesse les mêmes mélodies,
Comme une prière de morceaux choisis,
Tu as dompté et adouci mes mouvements.
Tu as découvert mon premier balbutiement,
Ce mélange de noires, blanches et rondes,
Qui entremêlent leurs couleurs et leurs ondes.

Quand la rage de mon cœur devient fournaise,
Oubliant les bémols, ravivant les dièses,
Pour que ces angoisses, ces blessures cachées,
Comme des vagues déferlant sur les rochers
Qui, transformant leur écume en dentelle,
Je la transcris sur tes touches, pêle-mêle.

Quand le soleil revient et apaise mon cœur,
Je laisse mes mains te parcourir de bonheur,
Et sur ce clavier, comme bercées par la mer,
Elles jouent sur mes joies, mêmes éphémères,
Une mazurka ou de douces ballades,
Tellement comblées par cette promenade.

Ton âme de musicien m’attendrit toujours.
Ensemble, nous avons vécu un long parcours.
Unis maintenant sur ce même diapason,
Laisse-moi encore y bercer mes chansons.
Comme amoureux de la même musique,
Reste mon ami, ce seul piano magique !

Fin

Poème dédié à un pianiste…

Ecrit le 10.8.2004,



Carrousel magique,

carrousel magique

Carrousel magique,

Tourne, tourne manège, tourne carrousel,
Fais danser les enfants sur tes chevaux de bois,
Fais les s’envoler, voltiger sur tes ailes,
Pour qu’ils admirent les étoiles de ton toit.
Sur l’orgue de Barbarie, les musiques
Endorment leurs peurs, leurs craintes, les rassurent.
Au rythme d’une chevauchée fantastique,
Ils inventent une histoire d’aventures.

Leurs regards éblouis, émerveillés, ravis,
Scintillent de ces petites flammes dorées.
Du rêve plein les yeux, étonnés, ébahis,
Ils suivent le vol de cet oiseau endiablé.
Leurs mains, tendues vers cette boule de laine
S’agitent, et leurs doigts s’agrippent au trophée.
Fiers, ils crient, ils rient à en perdre haleine ;
Ce pompon, c’est la clé de leur comte de fée.

Et ces deux amoureux, sur tes chevaux de bois,
Bercent leur romance sur l’air de tes rondes.
Des mots d’amour répétés, une, deux, trois fois,
Les rapprochent et les isolent du monde.
Leurs regards sont doux, ils promettent de s’aimer,
Ils s’enlacent sur ces airs de ritournelles,
Et un cœur sera l’emblème de leurs baisers.
Tourne, tourne manège, magique carrousel…

Fin

Ecrit le 21 novembre 2004

 



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